Climat en RDC : 191 millions USD alloués à l'agriculture pour freiner la déforestation via le FONAREDD
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a procédé à Kinshasa à la validation du rapport annuel de l’exercice 2026 du Fonds national REDD+ (FONAREDD), l'outil stratégique de gestion des financements climatiques liés à la protection des forêts du bassin du Congo. Selon un communiqué consulté dimanche 07 juin 2026 par le média New narratif, les allocations budgétaires par secteur ont été clarifiées. Sur un montant global projeté de 635 millions de dollars américains, le secteur de l'agriculture — identifié comme le premier moteur de la déforestation au pays — se taille la part du lion avec 30 % des ressources, soit 191 millions USD, suivi par l'énergie à hauteur de 111 millions USD (17 %) et le volet démographie et planification familiale doté de 108 millions USD.
Abritant près de 60 % des forêts du bassin du Congo, la RDC considère ces financements comme un levier économique, de sécurité alimentaire et de préservation de la biodiversité. Le responsable du portefeuille au FONAREDD, Dolly Kenga, a rappelé que l'institution finance des programmes clés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et promouvoir une agriculture durable. Pour matérialiser cet engagement, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé qu'une demande de liquidation de la contribution propre de l'État — fixée à 10,9 millions USD pour le fonctionnement du Secrétariat exécutif — a été officiellement introduite dans la chaîne des dépenses, avec un paiement attendu au cours du mois de juillet.
Malgré ces avancées, le Secrétaire exécutif du FONAREDD, Bavon N’Sa, a profité de ces assises pour déplorer plusieurs défis structurels majeurs qui pèsent sur l'organisation. Parmi eux figurent la complexité de la diversification des financements internationaux, le manque de cohérence face à certaines initiatives environnementales parallèles, mais aussi la suspension forcée de plusieurs programmes de terrain en raison de l’insécurité dans l'est du pays. Le Fonds maintient néanmoins ses ambitions à l'horizon 2030, visant notamment la réduction de 25 % de l'usage du bois-énergie au profit des énergies renouvelables et la mise en place de 53 000 cultures pérennes.
La répartition des fonds a suscité des débats animés au sein de l'exécutif, particulièrement concernant la faible quote-part attribuée au secteur éducatif, qui ne s'élève qu'à 1,5 million de dollars. La ministre de l’Enseignement supérieur, la Professeure Marie-Thérèse Sombo, a publiquement exprimé son indignation face à cette allocation jugée dérisoire. Elle a plaidé pour un rééquilibrage futur, insistant sur le fait que le changement durable de comportement et la sensibilisation environnementale au sein des familles reposent avant tout sur l'éducation de la jeunesse, un pilier indispensable pour assurer l'efficacité de la lutte contre la déforestation.
Guyvenant Misenge
