UNISIC : Sept mois de crise ouverte :turbulences institutionnelles, décisions administratives contestées et bataille judiciaire devant le Conseil d’État. Une gouvernance universitaire fragilisée, mise à nu par l’hypocrisie du professeur Siswa

9 Juillet 2026 - 13:04
9 Juillet 2026 - 13:26
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UNISIC : Sept mois de crise ouverte :turbulences institutionnelles, décisions administratives contestées et bataille judiciaire devant le Conseil d’État. Une gouvernance universitaire fragilisée, mise à nu par l’hypocrisie du professeur Siswa

Depuis la prise de fonction de la Professeure Espérance Bayedila à la tête de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC, ex-IFASIC), l’établissement traverse une période de fortes tensions institutionnelles marquée par une succession de décisions administratives contestées, des sanctions disciplinaires controversées et des conflits internes qui alimentent un débat national sur la gouvernance des institutions publiques d’enseignement supérieur.

Au cœur de cette crise figurent plusieurs décisions prises par le Comité de gestion, dont certaines font aujourd’hui l’objet de contestations devant les juridictions compétentes, notamment le Conseil d’État. Pour plusieurs membres de la communauté universitaire, ces événements traduisent une fragilisation progressive du climat institutionnel et soulèvent des interrogations sur le respect des principes fondamentaux du droit administratif congolais, de la Constitution et des règles de bonne gouvernance universitaire.

Une succession de décisions administratives contestées

Depuis plusieurs mois, l’UNISIC est confrontée à une série de mesures administratives qui ont suscité de nombreuses réactions au sein du personnel académique, scientifique, administratif ainsi que parmi les apprenants.

La révocation collective de 247+2 agents constitue l’un des principaux foyers de tension. Les personnes concernées contestent la régularité de ces décisions et ont engagé des démarches judiciaires afin d’obtenir un examen indépendant de leur légalité par les juridictions compétentes.

À cette situation s’est ajoutée, selon plusieurs sources proches du dossier, la révocation de deux assistants d’enseignement de deuxième mandat par le Professeur Georges Wawa, alors Secrétaire général académique assumant l’intérim du Rectorat.

Cette décision soulève des interrogations autour de la compétence administrative de l’autorité ayant posé ces actes. Plusieurs acteurs universitaires rappellent qu’en droit administratif, toute autorité publique ne peut agir que dans les limites des pouvoirs qui lui sont expressément reconnus par les textes.

Le débat porte ainsi sur le respect du principe de légalité administrative, selon lequel tout acte administratif doit être pris par une autorité compétente, conformément aux procédures prévues et dans le respect des droits des personnes concernées.

La question soulevée est notamment de savoir si une autorité exerçant un intérim peut prendre des décisions définitives affectant durablement la situation juridique des agents, alors que sa mission pourrait être limitée à la continuité du service public et à la gestion des affaires courantes.

Dans ce contexte, la légalité de ces différentes décisions relève désormais de l’appréciation des autorités compétentes et, le cas échéant, du juge administratif, conformément au cadre fixé notamment par la Loi organique n°16/027 du 15 octobre 2016 portant organisation, compétence et fonctionnement des juridictions de l’ordre administratif.

L’interdiction d’accès au site universitaire : une nouvelle source de controverse

À ces contestations s’est ajoutée une autre décision administrative portant interdiction d’accès au site universitaire visant plusieurs agents ainsi que des apprenants régulièrement inscrits au troisième cycle.

Selon les intéressés, cette mesure aurait limité leur accès aux infrastructures universitaires alors même que certains poursuivent leurs recherches scientifiques et préparent leurs soutenances de DEA dans un calendrier académique fixé par les autorités compétentes.

Cette situation soulève plusieurs interrogations relatives au respect du droit à l’éducation, de la liberté académique, du droit au recours et du principe de proportionnalité des mesures administratives.

Des interrogations autour du respect des principes du droit administratif

Dans ce contexte, plusieurs spécialistes du droit public estiment qu’une mesure administrative visant des personnes ayant régulièrement saisi le Conseil d’État pourrait être perçue comme susceptible d’exercer une pression sur des justiciables engagés dans une procédure contentieuse.

Sans préjuger de la légalité des décisions contestées, ces spécialistes rappellent que toute administration publique demeure tenue de respecter plusieurs principes fondamentaux : la légalité administrative, la proportionnalité des mesures prises, le respect des droits de la défense et la garantie d’un recours effectif.

Les principales préoccupations exprimées par les personnes concernées portent notamment sur :

1. Une atteinte alléguée à la liberté d’aller et venir ainsi qu’au droit à l’éducation, notamment lorsque les mesures concernent des apprenants régulièrement inscrits ;

2. Une restriction indirecte de l’exercice du droit au recours lorsque des personnes ayant saisi une juridiction administrative font parallèlement l’objet de mesures limitant leurs activités professionnelles ou académiques ;

3. Des mesures perçues comme pouvant constituer une forme de pression dans un contexte où plusieurs procédures judiciaires demeurent pendantes ;

4. Une possible rupture du principe d’égalité devant la loi et un traitement différencié entre membres de la communauté universitaire ;

5. Un risque allégué d’abus de pouvoir dans la gestion administrative et académique d’une institution publique.

Une crise qui dépasse le cadre d’un simple conflit administratif

Pour plusieurs observateurs, la situation actuelle dépasse désormais un simple différend entre une administration universitaire et certains membres de sa communauté.

Elle touche à des enjeux fondamentaux liés à la gouvernance des établissements publics : respect du droit administratif, protection des droits des travailleurs, liberté académique, accès à l’éducation, indépendance de la justice et restauration de la confiance institutionnelle.

Dans une université chargée de former les futurs professionnels de l’information et de la communication, la question de l’exemplarité dans la gestion publique revêt une importance particulière.

Les critiques exprimées dans le débat public appellent à privilégier le dialogue institutionnel, la médiation et l’application impartiale des règles administratives afin d’éviter une aggravation des tensions.

Une demande d’enquête administrative adressée au Chef de l’État

Face à cette situation, les personnes concernées indiquent avoir adressé, le 1er juillet 2026, une lettre ouverte au Président de la République, Félix Tshisekedi, sollicitant l’ouverture d’une enquête administrative indépendante sur les circonstances ayant conduit à l’adoption et à l’exécution des décisions contestées.

Elles demandent également que toutes les mesures nécessaires soient prises afin de garantir le respect des droits constitutionnels des agents et des apprenants concernés ainsi que la préservation des principes de l’État de droit au sein de l’UNISIC.

L’image d’une université publique fragilisée

Après plusieurs mois de tensions, l’image de l’UNISIC apparaît fragilisée dans l’opinion publique. Les controverses relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux ont placé cette université publique au centre d’un débat national sur la gouvernance académique et administrative.

Pour plusieurs membres de la communauté universitaire, la sortie de crise passe désormais par un retour aux principes fondamentaux : respect des textes, dialogue institutionnel, transparence administrative et égalité de traitement.

Alors que plusieurs recours demeurent pendants devant les juridictions compétentes, l’attente demeure celle d’une clarification juridique et institutionnelle permettant de restaurer la confiance et de replacer l’université au centre de sa mission première : la formation, la recherche et la transmission du savoir.

Gustave Mawete, stagiaire

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