Report de la marche de l’opposition : José Makila enterre la C64
Le report de la manifestation prévue initialement le 22 juillet a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique congolaise, marquant un tournant décisif dans la perception de la contestation. Alors que la tension sociale ne cesse de croître, la décision de la plateforme d'opposition C64 de surseoir à son mot d'ordre a été sévèrement critiquée par les observateurs et les acteurs politiques. Ce recul stratégique est perçu par beaucoup comme un aveu de faiblesse face aux autorités, brisant l'élan de mobilisation populaire qui commençait à se structurer à travers le pays.
Parmi les voix les plus critiques s'élève celle de José Makila, dont la réaction ne s'est pas fait attendre. Commentant ce revirement, il a déclaré : « Le report de la manifestation du 22 juillet est une profonde désillusion pour tous ceux qui croyaient à une opposition prête à assumer le rapport de force.
À l’heure de vérité, la C64 recule. Ce choix ne peut qu’alimenter le doute sur sa capacité à incarner une véritable alternative. Beaucoup y verront la confirmation qu’elle contribue davantage au maintien du statu quo qu’à son renversement. Le peuple congolais n’a pas besoin d’une opposition qui multiplie les annonces avant de battre en retraite. Il a besoin d’une opposition qui tient parole et assume ses responsabilités lorsque l’histoire l’appelle. »
Cette prise de position met en lumière la fracture grandissante entre les différentes sensibilités de l'opposition congolaise, minée par des divisions tactiques récurrentes. Pour José Makila, l'incapacité de la C64 à maintenir ses engagements démontre une déconnexion profonde avec les aspirations légitimes d'une population en quête de changement et de justice sociale.
En choisissant la prudence au détriment de l'épreuve de force, la coalition s'expose ainsi au risque d'une disqualification morale et politique auprès de ses sympathisants les plus déterminés.
Au-delà du simple constat d'échec de la marche du 22 juillet, cette séquence rebat les cartes de l'opposition et redéfinit les lignes de démarcation politique. Concluant sur une rupture nette, José Makila a affirmé : « Je leur ai accordé le bénéfice du doute, mais à compter d’aujourd’hui, je l’affirme sans ambiguïté : face à la tyrannie qui se consolide, le véritable mouvement d’opposition reste le Mouvement Sauvons la RDC. » Reste à savoir si cette nouvelle dynamique parviendra à fédérer les mécontentements et à offrir une alternative crédible face au pouvoir en place.
Guyvenant Misenge
