Scandale à l’UNISIC : La prose analphabète du ministère de Sombo remet en cause le grade de professeur de la ministre et de ses collaborateurs
Voilà près de sept mois que la nouvelle Rectrice de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC,
ex-IFASIC), Espérance Bayedila, a frappé fort. Très fort, mais surtout très mal. D’un revers de plume et au mépris le plus complet des textes légaux, elle a révoqué près de 250 agents: professeurs, assistants et administratifs, tous engagés entre 2022 et 2025 sous la gestion de son prédécesseur.
Face à cette purge spectaculaire, les victimes ont multiplié les appels au secours auprès de leur ministre de tutelle, Marie-Thérèse Sombo. Résultat ? Un silence radio assourdissant depuis le mois de février. Et pour cause : difficile de sanctionner une amie que l'on a soi-même placée à la tête de l’établissement, vraisemblablement pour en récolter les retombées.
Constatant cette complicité manifeste, les agents révoqués ont porté l’affaire devant le Conseil d’État, espérant obtenir justice. Mais là encore, l’ombre tutélaire de la ministre aurait suffi à paralyser la machine administrative pour protéger la « copine ».
Lassé par ces manœuvres dilatoires, le Collectif des agents révoqués a fini par saisir directement le Président de la République par une correspondance datée du 1ᵉʳ juillet. Leurs revendications : l’annulation pure et simple des décisions illégales de la Rectrice Bayedila et le départ sans condition de son comité de gestion, taillé sur mesure et composé de proches issus d’un même espace linguistique.
Un cabinet ministériel aux allures d’échoppe de cordonnier
C’est ici que le vaudeville administratif atteint son paroxysme. Alors que la lettre adressée au Chef de l’État ne la mentionnait qu'en copie, la ministre Sombo s’est payé le luxe d’y répondre directement. Une initiative malheureuse qui met à nu la faillite intellectuelle de son cabinet.
À l’examen de la forme comme du fond, le constat est effarant : le ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation touche le fond. Comment un cabinet pléthorique, truffé de professeurs universitaires et dirigé par une ministre elle-même issue du sérail académique, peut-il pondre un document aussi affligeant, truffé de fautes de français et rédigé dans un style digne d'un bricolage d'amateur ? Une insulte directe à la langue de Molière et à la corporation des enseignants.
Contradictions, mensonges et langue de bois
Sur le fond, la missive ministérielle frise le ridicule. La Ministre affirme « prendre acte » des décisions de la Rectrice, entérinant ainsi les bavures de sa protégée, tout en prétendant avoir convié le Président du Conseil d’administration des Universités (CAU) à en vérifier la conformité. Elle pousse le culot jusqu’à soutenir que les recours individuels ont été examinés « au cas par cas », sans jamais présenter les conclusions de la fameuse mission du CAU (un organe au sein duquel elle s'est d'ailleurs empressée de placer ses pions).
Tout cela relève de la fabulation pure et simple. Aucun recours n’a été traité. Nous sommes face à une administration totalement déconnectée du réel, qui érige le népotisme et le clientélisme en système de gestion, au mépris le plus total de la vision du Chef de l'État qu'elle tente de berner.
Ce mode opératoire n'est pas sans rappeler les exploits récents de la Rectrice de l’UPN, autre « amie » propulsée par la même ministre , qui s'était illustrée en délogeant des étudiants de leurs homes pour louer les bâtiments à des tiers. Une dérive mercantiliste qui avait déjà provoqué la colère de la Présidence.
Entre fautes de syntaxe grossières, contradictions juridiques et langue de bois, la réponse du ministère ne communique rien : elle trahit seulement l'agonie académique d'une tutelle en roue libre.
Gustave Mawete
