ESU-RSI/RDC : le banc syndical accuse Thérèse Sombo de favoritisme et menace de grève générale
Réunis à Kinshasa le 27 juillet 2026, les représentants du banc syndical de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), de la recherche scientifique et de l’innovation regroupant SYNCAS, SYNACASS-RDC et Collectif des ACS ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’« injustice flagrante » dans la gestion du secteur par la ministre Thérèse Sombo.
Ils affirment qu’un barème salarial dit « intermédiaire » aurait été validé dans la clandestinité, favorisant uniquement les professeurs au détriment des autres catégories du personnel. Ce dispositif, selon eux, crée des écarts salariaux « criants », en contradiction avec les accords intersyndicaux Bibwa I et II qui prévoyaient une réduction des disparités.
La ministre est également accusée de refuser un moratoire pour les inscriptions à la thèse, se limitant à prolonger de deux mois la date de défense DEA. Les syndicats estiment que cette décision pénalise les chercheurs, alors que les écoles doctorales ne sont toujours pas opérationnelles.
Enfin, le banc syndical reproche à Thérèse Sombo de bloquer la promotion des assistants au grade de chef de travaux, en violation du statut du personnel de l’ESU, tout en accordant collectivement ce grade aux instructeurs de l’Académie militaire de Kananga sans critères légaux.
Les syndicats considèrent que le « barème intermédiaire » viole la vision du président Félix Tshisekedi, exprimée lors du lancement de la nouvelle politique salariale en avril 2025. Ils exigent que la Première ministre et le ministre des Finances ne mettent pas en œuvre ce barème jugé « injuste et illégal ».
Cette catégorie du personnel demande aussi la continuité des inscriptions et soutenances dans le système PAEDM jusqu’à l’opérationnalisation des écoles doctorales, ainsi que le respect strict de la loi pour les promotions au grade de chef de travaux.
Le banc syndical prévient : si le gouvernement ne répond pas favorablement à ces revendications, une grève sèche générale sera déclenchée sur toute l’étendue du territoire national.
Plusieurs témoignages démontrent que depuis l’arrivée de Thérèse Sombo à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la recherche scientifique et de l’innovation, le secteur est plongé dans une succession de crises qui fragilisent son fonctionnement.
Les contestations autour du barème dit « intermédiaire », les blocages liés aux inscriptions à la thèse et aux soutenances DEA, ainsi que les irrégularités dans les promotions au grade de chef de travaux, traduisent une incapacité manifeste à gérer équitablement les différentes catégories du personnel de l’ESU-RSI.
Cette gouvernance sélective et contestée remet en cause la crédibilité de la ministre et alimente un climat de tension permanente. Il apparaît dès lors souhaitable que le président de la République confie ce portefeuille stratégique à une personnalité expérimentée, capable de résoudre les problèmes structurels et de garantir une gestion juste et équilibrée au bénéfice de l’ensemble du corps scientifique, administratif, technique et ouvrier.
Gustave Mawete
