Scandale ISYS-REGIES : l'économiste Jo M. Sekimonyo charge le trio Wameso-Fwamba-Bitasimwa et exige des démissions à la tête de l'État

L'économiste Jo M. Sekimonyo dénonce le scandale ISYS-REGIES et réclame la démission d'André Wameso, Doudou Fwamba et Christophe Bitasimwa. Il pointe une faillite institutionnelle au cœur de la Banque Centrale et des Finances de la RDC.

10 Septembre 2026 - 18:07
10 Septembre 2026 - 18:30
 0
Scandale ISYS-REGIES : l'économiste Jo M. Sekimonyo charge le trio Wameso-Fwamba-Bitasimwa et exige des démissions à la tête de l'État

« Je hurle depuis longtemps à propos de la Banque Centrale du Congo : nos institutions placent systématiquement la charrue devant le bœuf. » Dans une prise de parole incisive, l'économiste politique Jo M. Sekimonyo s'insurge contre ce qu'il qualifie de fascination toxique pour la modernisation de façade en République Démocratique du Congo.

Selon l'analyste, la correspondance de la DGI datée du 3 septembre 2026 concernant la plateforme ISYS-REGIES ramène la réalité au cœur des finances publiques. Ce logiciel, initialement conçu pour sécuriser la collecte des impôts, est désormais le théâtre d'altérations d'écritures, de disparitions de registres et d'écarts chiffrés à hauteur de plusieurs milliards de francs congolais, annulant ainsi toute certitude comptable.

Pour l'auteur, l'architecture du système révèle une défaillance institutionnelle profonde en démontrant que l'automatisation ne garantit en rien la protection des recettes. Si des agents peuvent intervenir directement sur les serveurs de la Banque Centrale pour faire disparaître les fonds physiques avant leur inscription au Compte général du Trésor, le coffre-fort numérique perd toute son utilité.

Sekimonyo rappelle que son rôle de chercheur consiste à dénoncer ces mises en scène technologiques qui dissimulent la persistance de l'arbitraire et l'absence de véritables mécanismes de contrôle.

L'analyse ne ménage pas les plus hauts responsables des institutions financières du pays, à commencer par le Gouverneur de la Banque Centrale, André Wameso. L'économiste estime que la gestion d'une banque d'émission impose de répondre directement des failles logées dans ses propres infrastructures informatiques.

Selon lui, il est impossible de monopoliser les éloges lors de la présentation d'un bilan pour ensuite rejeter la faute sur des techniciens de second rang lorsque les rouages informatiques de la chaîne de la recette s'avèrent vulnérables. Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, se voit également rappelé à ses obligations d'homme d'État en raison de son rôle historique dans la conception et le déploiement d'ISYS-REGIES.

Sekimonyo souligne que cette connaissance intime du système rend son mutisme particulièrement lourd face aux alertes lancées par la DGI. Il juge que la responsabilité ministérielle ne commence pas avec l'établissement de preuves pénales, mais avec l'obligation de garantir la fiabilité des outils sous sa tutelle politique.

Du côté de l'Inspection Générale des Finances, Christophe Bitasimwa Bahii essuie des critiques équivalentes sur l'efficacité du contrôle public. L'auteur soutient que multiplier les missions d'inspection ou dresser des bilans après la disparition des sommes relève de l'autopsie administrative plutôt que de la prévention. L'IGF aurait dû anticiper les vulnérabilités du logiciel bien avant la dénonciation de la DGI, d'autant que des failles de saisies manuelles et de réconciliation de données étaient déjà documentées depuis plusieurs années sans correction effective.

Cette incapacité à transformer les diagnostics en discipline de gestion explique, selon Jo M. Sekimonyo, le recours croissant à l'assistance technique étrangère, notamment américaine, pour veiller sur la fiscalité congolaise.

Ce constat de faillite à trois niveaux pousse l'économiste à réclamer le départ des trois dirigeants afin d'instaurer une véritable culture de la redevabilité. Il prévient que si aucune sanction politique n'est prise après un tel fiasco, la responsabilité remontera directement au sommet de l'État pour avoir toléré une telle fragilisation des ressources nationales.

Gustave Mawete

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »