L’UDPS par défaut : Marie-Thérèse Sombo et l’assassinat politique de la mémoire d’Étienne Tshisekedi
Accusations d’extorsion, sacrifice de 250 agents de l’UNISIC, flou sur les écoles doctorales et fronde parlementaire : retour sur la gestion contestée de la ministre Marie-Thérèse Sombo à l’ESU.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations se trouve aujourd’hui au cœur d'une tourmente administrative, politique et éthique sans précédent. Entre allégations d'extorsions financières, grogne parlementaire, gestion approximative de la réforme LMD et arbitrages humains dévastateurs, la conduite de la ministre Marie-Thérèse Sombo suscite une vague de contestations légitimes dans l’opinion publique comme sur les campus.
En érigeant le clientélisme en méthode d’administration, la ministre incarne la figure d’un cadre opportuniste du parti présidentiel, piétinant méthodiquement l’héritage de probité et le combat historique du Sphinx de Limete.
Le sacrifice de l’UNISIC et le règne du copinage institutionnel
Au sein de l’administration publique, l’arbitraire a fini par supplanter la règle de droit. L’exemple le plus criant de cette dérive managériale réside dans le sort réservé à l’Université nationale des sciences de l’information et de la communication. Plus de deux cent cinquante agents de cet établissement supérieur historique se retrouvent aujourd’hui sacrifiés, abandonnés à leur triste sort au profit d’alliances privées.
La ministre Marie-Thérèse Sombo a fait le choix délibéré de faire primer ses affinities personnelles sur la justice sociale, apportant une couverture politique et institutionnelle totale à sa partenaire de même fibre morale, le professeur Bayedila. Ce népotisme assumé, où l'intérêt d'un clan prévaut sur la carrière et la vie de centaines de cadres académiques et administratifs, illustre une dégradation profonde de la gestion des ressources humaines au sein de l’enseignement supérieur.
L’assassinat politique de la mémoire d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba
Au-delà de la faute de gestion, ce mode de gouvernance constitue un affront direct au combat mené durant des décennies par le père de la démocratie congolaise. Étienne Tshisekedi wa Mulumba a consenti d’immenses sacrifices pour extirper du pays le clientélisme, l’impunité, la corruption et le détournement des institutions à des fins individuelles.
Voir aujourd’hui une ministre issue des rangs du pouvoir agir à l’opposé le plus complet de la maxime « Le peuple d'abord » équivaut à un véritable assassinat politique de la mémoire du Sphinx.
En privant des centaines de familles de leurs moyens de subsistance pour protéger une coterie, Marie-Thérèse Sombo démontre qu'elle n'est qu'une figure d'emprunt au sein de l'UDPS, un cadre par défaut totalement affranchi des exigences morales et de la rigueur prônées par le fondateur du parti.
Des accusations d’extorsion et la surdité de la hiérarchie
Le bilan du ministère ne se résume pas à ces arbitrages humains contestables. Il est également entaché par de graves accusations de malversations financières qui entachent l'image de la République. La révélation d'une affaire d'extorsion présumée de dix-huit mille neuf cent soixante-dix dollars américains impliquant le cabinet ministériel et touchant l’Église kimbanguiste a jeté un froid glacial sur le secteur académique.
Si la présomption d'innocence demeure un principe fondamental, le silence opposé par l'autorité ministérielle à ces révélations alimente les soupçons de mauvaise gouvernance. L'argent public, la gestion des contributions et les relations entre le ministère et les institutions d'enseignement confessionnelles ou publiques doivent faire l'objet d'un contrôle rigoureux. La transparence ne constitue pas un luxe ni une attaque personnelle, mais le devoir le plus élémentaire de tout dépositaire de l'autorité de l'État.
La menace de sanctions et la fronde du Parlement
La crise d'autorité qui frappe le ministère de l'Enseignement supérieur a désormais franchi les grilles de l'Assemblée nationale. La colère gagne les bancs de la représentation nationale, où des voix s'élèvent pour exiger l'arrêt immédiat des pratiques décriées au sein de l'ESU.
Des initiatives parlementaires, portées notamment par le député Mechack Mandefu, ont mis en garde le cabinet ministériel contre la poursuite du désordre administratif et des soupçons de détournements.
Le contrôle parlementaire reste l'un des piliers cardinaux de la démocratie républicaine. Face à des parlementaires décidés à réclamer des comptes, la ministre ne pourra pas éternellement se retrancher derrière la communication officielle ou le mépris des critiques. Il lui appartient de produire des pièces justificatives, d'expliquer l'utilisation des fonds publics et de justifier les décisions administratives contestées devant les élus du peuple.
La fiction des écoles doctorales et la réalité du terrain
Sur le plan académique, le fossé continue de se creuser entre les déclarations pompeuses et la réalité des universités congolaises. L'annonce en grande pompe de l'organisation des écoles doctorales pour l'année académique 2026-2027 dans le cadre de la réforme LMD ressemble, sur le terrain, à une véritable coquille vide.
À l’Université de Kinshasa comme dans la majorité des établissements du pays, les professeurs et les doctorants cherchent encore la localisation exacte, les laboratoires, les équipements et les centres de recherche promis.
Promulguer des textes et multiplier les arrêtés ne suffit pas à créer un environnement scientifique viable. Sans bibliothèques spécialisées, sans financements dédiés à la recherche et sans infrastructures adéquates, la mise en œuvre des écoles doctorales relève de la simple mise en scène administrative.
L’exigence de redevabilité face à la faillite managériale
L'enseignement supérieur congolais ne peut demeurer le théâtre d'expérimentations néfastes, de règlements de comptes et de suspensions arbitraires. La modernisation d'un secteur aussi stratégique exige de la méthode, des moyens financiers identifiables et un sens aigu de l'intérêt général.
Le ministère doit répondre de manière claire et documentée aux préoccupations légitimes de la communauté universitaire : quelles universités disposent réellement de structures doctorales agréées ? Quels budgets d'accompagnement sont effectivement décaissés ? Et quelles suites judiciaires ou administratives ont été réservées aux accusations de gestion financière opaque ?
Pour Marie-Thérèse Sombo, l'heure des bilans a sonné. La légitimité d'un membre du gouvernement ne se mesure ni aux discours d'autosatisfaction ni à la prolifération de documents administratifs, mais à sa capacité à respecter l'éthique républicaine et à offrir aux étudiants, chercheurs et enseignants des conditions de travail décentes.
Faute de pouvoir apporter ces preuves, la ministre confirmera définitivement qu'elle n'a été qu'un passage à vide dans l'histoire du ministère, aux antipodes du combat historique de l'UDPS pour la justice et le progrès.
Gustave Mawete
