Protection de la biodiversité : l’APEM dresse un bilan positif de sa lutte contre la criminalité environnementale au Sud-Kivu
La lutte contre la criminalité environnementale dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape avec la clôture officielle d’un projet de deux ans porté par l’ONG Action pour la promotion et la protection des peuples et espèces menacées (APEM) dans les territoires de Kabare, Kalehe et Idjwi, au Sud-Kivu.
Déployée principalement dans les zones riveraines du parc national de Kahuzi-Biega et de la réserve de Nyamusisi, cette initiative a mis l’accent sur le renforcement des mécanismes communautaires de protection de l’environnement et la lutte contre les réseaux impliqués dans l’exploitation et le trafic des ressources naturelles.
Au terme de deux années d’activités, l’APEM met notamment en avant la consolidation d’un réseau de défenseurs environnementaux locaux, chargé d’alerter et de documenter les infractions commises dans les zones ciblées. L’organisation souligne également la mise en place d’un observatoire destiné à centraliser les données relatives aux alertes et aux cas de criminalité environnementale.
L’approche adoptée par l’ONG ne s’est toutefois pas limitée à la surveillance et à la dénonciation des infractions. Elle a également cherché à agir sur les facteurs économiques susceptibles de pousser certaines communautés vers des activités illégales.
Dans cette perspective, dix projets générateurs de revenus ont été financés au bénéfice notamment des femmes et des jeunes. Selon l’APEM, ces initiatives ont permis à certaines personnes autrefois impliquées dans la chaîne de criminalité environnementale de se reconvertir dans des activités économiques alternatives.
Présent lors de l’atelier de clôture organisé à Kinshasa, le coordonnateur national de l’APEM, Maître Blaise Mudohosi, a insisté sur la dimension communautaire du dispositif mis en place.
« Au-delà de la dynamique locale qui est en train de prendre place par rapport à la lutte contre la criminalité environnementale transfrontalière, nous avons un réseau composé de femmes et d’hommes engagés pour dénoncer les criminels environnementaux à la base », a-t-il déclaré.
Il a également relevé l’impact attendu des projets économiques soutenus par l’organisation. « Nous avons financé dix projets au profit des personnes qui étaient impliquées dans la chaîne de criminalité et qui se sont aujourd’hui reconverties dans des activités génératrices de revenus, avec des effets multiplicateurs bénéfiques pour tous les villages », a-t-il ajouté.
À travers cette stratégie combinant surveillance communautaire, documentation des infractions et accompagnement économique, l’APEM entend contribuer à la protection durable des aires protégées du Sud-Kivu, particulièrement exposées aux pressions liées à l’exploitation illégale des ressources naturelles et aux réseaux transfrontaliers.
La clôture de ce projet ouvre ainsi une nouvelle phase axée sur la pérennisation des mécanismes communautaires mis en place. Pour l’organisation, l’implication des populations riveraines demeure un levier essentiel pour renforcer la protection de la biodiversité et réduire durablement la criminalité environnementale dans cette partie de la RDC.
Christian Mutombo
