30 Juin : L'uniforme n'est pas un privilège, c'est un sacrifice
Il existe des silences qui protègent la Nation. Et il existe des silences qui la trahissent. Aujourd'hui, je choisis de parler. Je parle comme militaire. Je parle comme patriote. Je parle comme fils de la République démocratique du Congo.
Pendant que le sang de nos frères irrigue la terre de nos ancêtres, pendant que des soldats tombent au champ d'honneur et que des familles attendent le retour de ceux qui ne reviendront peut-être jamais, nous n'avons plus le droit de mentir à la Nation.
Une armée ne tombe pas le jour où l'ennemi attaque. Elle commence à tomber le jour où l'honneur cesse d'être la première arme du soldat. Le plus grand danger pour une armée n'est pas seulement l'ennemi qui tire en face.
C'est aussi celui qui, de l'intérieur, affaiblit sa conscience, décourage ses meilleurs éléments et banalise ce qui devrait être sacré : le mérite, la discipline et le sens du devoir.
À ceux qui considèrent les galons comme un héritage, un privilège ou une propriété privée, l'histoire répond toujours avec sévérité : les grades s'imposent par l'exemple, jamais par les manœuvres.À ceux qui pensent qu'il est possible d'étouffer éternellement les consciences droites, je réponds ceci :
On peut ralentir une génération… mais on ne peut pas arrêter une aurore.Le soleil se lève déjà. Je vois une génération de femmes et d'hommes qui refuse de sacrifier son honneur pour une faveur.
Une génération qui comprend qu'avant d'être officier, on est d'abord gardien de la République.Notre fidélité au Commandant suprême est totale, car l'unité du commandement est une force indispensable à toute armée républicaine.
Mais cette fidélité nous oblige aussi à défendre, partout où nous servons, les valeurs qui fondent la grandeur de nos Forces armées : l'honneur, la compétence, la justice et le mérite.Le Congo n'a pas besoin d'une révolution des armes.
Il a besoin d'une révolution des consciences.Le jour où chaque militaire comprendra que servir est plus noble que se servir, où commander sera synonyme d'exemple et non de privilège, où l'autorité sera fondée sur la compétence plutôt que sur les réseaux, ce jour-là, notre armée retrouvera toute sa grandeur. L'avenir appartient à ceux qui restent debout quand tout invite à se courber.
À ceux qui choisissent l'honneur quand d'autres choisissent la facilité. À ceux qui servent la République sans attendre d'autre récompense que la fierté du devoir accompli. Le soleil se lève. Et aucune nuit, aussi longue soit-elle, n'a jamais réussi à empêcher l'arrivée de l'aube.
Bonne fête de l'Indépendance. Honneur et Fidélité à la Patrie.
Capitaine Antony MUALUSHAYI
