Chaos à l'UNISIC : Menacés et asphyxiés, les étudiants mettent Tshisekedi face aux dérives du comité Bayedila (Correspondance)

10 Août 2026 - 17:31
10 Août 2026 - 20:59
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Chaos à l'UNISIC : Menacés et asphyxiés, les étudiants mettent Tshisekedi face aux dérives du comité Bayedila (Correspondance)

Bloqués dans un engrenage de retards, asphyxiés par des frais abusifs et plongés dans un climat de terreur administrative, les étudiants de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC) tirent la sonnette d'alarme.

Dans une lettre ouverte adressée directement au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, le Collectif des étudiants finalistes de Master 2 et de Licences dénonce un système au bord de l'effondrement et appelle à une intervention présidentielle d'urgence.

Un comité de gestion épinglé : Authoritarisme, dérive financière et démission scientifique

Depuis la prise de fonction du comité de gestion dirigé par la Professeure Espérance Bayedila en décembre 2025, l'UNISIC s’enfonce dans une crise multidimensionnelle. L'élément central des griefs portés par la communauté étudiante réside dans ce qu'ils qualifient d’excès de zèle et d'abus de pouvoir de la Rectrice, ouvertement entretenus par sa proximité revendiquée avec la Ministre de l'Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU).

Selon les étudiants, cette supposée tutelle protectrice sert d’armure pour étouffer toute contestation : « Vous avez où aller l’accuser, elle est la collaboratrice de la ministre. Si elle a réussi à chasser les professeurs et les assistants, que pensez-vous pouvoir faire, vous, étudiants ? », se verraient-ils régulièrement rétorquer au sein du cabinet rectoral.

Parmi les défaillances et dérives majeures imputées à la gestion Bayedila, la lettre ouverte pointe :

  •  Un corps professoral saigné à blanc : La révocation unilatérale de plusieurs agents dont personnels scientifiques, privant les finalistes d'un encadrement académique élémentaire pour la rédaction et le suivi de leurs travaux de recherche.
  • Un calendrier académique en déroute : Accumulation intolérable de retards dans le déroulement des cours, l'organisation des examens et la programmation des soutenances, mettant en péril toute l'année académique 2025-2026.
  • L'explosion des coûts et des taxes « fantômes » : Outre des minervas déjà élevés (425 USD de frais académiques et jusqu'à 120 USD de frais de dépôt), le comité a imposé une taxe anti-plagiat tardive de 10 USD, couplée à une tarification d'impression sur campus jugée exorbitante (plus de 100 000 FC sur le campus contre environ 18 000 FC dans le secteur privé).
  • Mise en danger de la sécurité des étudiants : Le monopole strict imposé sur l'impression exclusive des travaux sur le campus génère un goulot d'étranglement logistique. Conséquence direct : des étudiants, notamment des jeunes femmes, se trouvent contraints d'y patienter jusqu'à minuit passé, s'exposant inutilement aux risques sécuritaires majeurs des trajets nocturnes à Kinshasa.
  • Insensibilité sociale face aux réalités de l'Est : Un mépris des réalités socio-économiques touchant les étudiants originaires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont les familles, déjà durement éprouvées par la guerre, se voient imposer des pénalités administrativement arbitraires.

La menace des représailles : La rédaction de News Narratif RDC sollicitée sous couvert d'anonymat

Preuve du climat de crainte instauré au sein de l'établissement, le porteur du message et signataire de cette lettre ouverte a expressément demandé à la rédaction de News Narratif RDC de ne pas divulguer son nom ni son identité dans ses colonnes par crainte de représailles immédiates.

« Dans la nuit du 9 au 10 août, plusieurs de mes camarades ont reçu des appels d’un certain assistant, se présentant sous le nom de Moïse Bongelo, qui les menaçait d’exclusion définitive s’ils osaient revendiquer. J’ai d’ailleurs remis son numéro aux agents de l’ANR que j’ai rencontrés, après qu’ils m’ont indiqué où déposer les courriers destinés à la Présidence », a-t-il confié.

Dans une institution où toute contestation d'une mesure injuste se solde par des convocations brutales, des menaces directes et des exclusions, la peur du renvoi est omniprésente.

Les exigences des étudiants pour sauver l'année académique

Face à ce qu'ils qualifient de « désordre et de dysfonctionnements graves », les étudiants ne réclament aucun privilège, mais le rétablissement de la justice institutionnelle. Ils formulent cinq exigences claires à l'attention du Président de la République :

  1.  La suspension conservatoire du Comité de gestion dirigé par la Rectrice Espérance Bayedila.
  2. Un moratoire académique immédiat permettant le dépôt et la soutenance des mémoires sans pénalités pour les retards accumulés sous cette gestion.
  3. L'annulation de la taxe anti-plagiat de 10 USD et la fin du monopole d'impression sur le campus.
  4. La réhabilitation des assistants et encadreurs scientifiques révoqués pour restaurer la capacité d'accompagnement.
  5. Le rétablissement du dialogue social et de la transparence au sein de l'université.

Face à une tutelle ministérielle jugée juge et partie en raison des connivences dénoncées, l'arbitrage de la Présidence de la République apparaît aujourd'hui comme l'ultime recours pour sauver l'UNISIC d'une année blanche et préserver l'avenir de sa jeunesse étudiante.

Juvenal Bulemo

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »