RDC : Patrick Muyaya accuse Joseph Kabila de trahison et affirme que son rôle au sein de l’AFC/M23 ne change pas la nature de l’agression rwandaise
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a réagi à l’officialisation du rôle de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, dans le mouvement rebelle AFC/M23. Selon le porte-parole du gouvernement congolais, cette évolution ne constitue pas une surprise, dans la mesure où le président Félix-Antoine Tshisekedi avait déjà évoqué cette implication présumée en août 2024 et en février 2025.
Dans ses déclarations, Patrick Muyaya a vivement critiqué l’ancien chef de l’État, qu’il accuse d’avoir trahi l’héritage politique de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a notamment rappelé la célèbre formule attribuée à ce dernier : « Ne jamais trahir le Congo », estimant que le rôle prêté à Joseph Kabila au sein de l’AFC/M23 constitue un éloignement de cet idéal patriotique.
Pour le porte-parole du gouvernement, l’implication de l’ancien président poursuivrait un objectif précis : contribuer à modifier la perception du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, en atténuant la responsabilité attribuée au Rwanda par les autorités congolaises.
Patrick Muyaya a ainsi rejeté toute interprétation qui ferait de la présence de Joseph Kabila un élément susceptible de requalifier le conflit en une simple rébellion interne. À ses yeux, cette évolution ne saurait effacer les accusations de soutien rwandais à l’AFC/M23 ni modifier la position officielle de Kinshasa, qui considère la situation sécuritaire dans l’est du pays comme une agression extérieure.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la persistance des tensions sécuritaires et diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, ainsi que par les controverses entourant le rôle des acteurs politiques congolais dans la crise à l’est du pays.
Les déclarations du ministre illustrent la fermeté du discours officiel congolais à l’égard de Joseph Kabila et de l’AFC/M23. Elles soulèvent également la question des conséquences politiques et diplomatiques de l’implication alléguée d’un ancien président de la République dans un mouvement armé opposé au pouvoir en place.
Christian Mutombo
