RDC/ESU: le collectif des apprenants de DEA/DES interpelle le Chef de l’État et dénonce le mépris des décisions du Conseil d’État
Une tension palpable secoue le secteur de l'Enseignement supérieur et universitaire (ESU) en République démocratique du Congo. Réunis au sein de leur collectif national, des milliers d'étudiants en fin de parcours inscrits en DEA/DES ont adressé un mémorandum pressant à l'attention du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour dénoncer le maintien controversé des mesures ministérielles encadrant les écoles doctorales, en violation flagrante, selon eux, d'une décision de justice.
La crise trouve son origine dans l'arrêté ministériel n°134 de l'ESURSI et la note circulaire associée émanant de la ministre de tutelle, Marie-Thérèse Sombo, portant sur la réorganisation des écoles doctorales et l'encadrement des thèses. Malgré l'ordonnance sous ROR.1612 rendue le 31 juillet 2026 par le Conseil d’État, qui suspendait l'application de ces dispositions, le collectif déplore l'obstination des autorités académiques à imposer une passerelle unilatérale vers le nouveau système.
Pour les signataires du mémorandum, cette transition forcée bafoue leurs droits acquis, après des années de recherches, d'investissements financiers et de sacrifices consentis dans l'ancien système de formation DEA/DES.
Alors qu'une première date limite pour la défense des mémoires avait été fixée au 30 septembre 2026, une nouvelle note circulaire publiée le 8 octobre 2026 a prorogé l'échéance au 31 décembre 2026. Une mesure perçue par les apprenants comme un statu quo insatisfaisant, qui maintient l'obligation de basculer vers les écoles doctorales.
Le collectif pointe également du doigt plusieurs zones d'ombre, notamment le blocage persistant de nombreux dossiers administratifs et académiques au sein des universités du pays, la situation alarmante des étudiants de l'Université des Sciences de l’Information et de la Communication (ex-IFASIC) dont les dossiers demeurent en suspens, incluant des cas de scientifiques frappés de mesures d'exclusion ou de révocation, ainsi que le risque accru d'une détérioration de la paix sociale au sein de la communauté universitaire nationale.
Face à cette impasse, les apprenants implorent l'implication personnelle du Chef de l’État afin de garantir l'État de droit à travers des revendications précises : l'exécution stricte de l'ordonnance du Conseil d’État, le retrait définitif de l'arrêté et de la note circulaire contestés, la sécurisation du parcours académique de tous les inscrits sous le régime de l'ancien système leur garantissant le droit de soutenir leur thèse selon les règles initiales de leur inscription, la régularisation inconditionnelle des dossiers de l'ex-IFASIC, et l'instauration d'un cadre de concertation inclusif réunissant la Présidence, le Ministère de l'ESU, les universités et les représentants des étudiants.
Alors que le document a été officiellement paraphé à Kinshasa ce 13 octobre 2026 par le coordonnateur national Mpiana wa Mpiana Emmanuel et le secrétaire Welo Djimba Emmanuel, la balle est désormais dans le camp de l'exécutif pour apaiser les tensions et rétablir la quiétude dans les temples du savoir congolais.
Gustave Mawete
