Bunia : Le gouvernement table sur un délai de 4 à 6 mois pour maîtriser l'épidémie d'Ebola avec l'appui de l'OMS
L'exécutif congolais et ses partenaires internationaux affichent leur optimisme quant à la circonscription rapide de la nouvelle crise sanitaire dans l'Est du pays. Lors d'un point de presse conjoint animé samedi 30 mai 2026 à Bunia, le ministre de la Santé Publique, le Dr Roger Kamba, le Secrétaire général de l'OMS et le ministre de la Communication et Médias ont tracé la feuille de route de la riposte. Grâce à une intensification des opérations sur le terrain et à un soutien technique, logistique et financier accru de la communauté internationale, les autorités espèrent juguler la crise à court terme.
La stratégie gouvernementale repose sur une sectorisation stricte afin d'éviter la propagation du virus vers d'autres régions non touchées. Le Dr Roger Kamba a détaillé la planification de son secteur : « Notre objectif est de contrôler cette épidémie et d’y mettre fin dans un délai de quatre à six mois. Le meilleur scénario est de parvenir à la contenir dans les trois provinces concernées. » Pour matérialiser ce plan, le ministère de la Santé mise sur le renforcement du dépistage précoce, une prise en charge optimale des malades et un suivi rigoureux des cas contacts par les équipes d'investigation.
Sur le plan scientifique, cette résurgence présente des caractéristiques spécifiques qui exigent une vigilance épidémiologique accrue. Selon le Dr Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), il s'agit d'une variante génétiquement distincte des épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal. Cette donne rappelle la vulnérabilité de la région, durement éprouvée par le passé, notamment lors de l'épidémie de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo qui avait coûté la vie à 2 200 personnes.
Face à ce défi, l'accent est mis sur le rôle des agents de santé et l'application stricte des mesures barrières recommandées par l'OMS. Le personnel soignant et les proches aidants sont appelés à utiliser systématiquement les équipements de protection (gants, masques, lunettes) et à éviter tout contact avec les corps des personnes décédées, dont la manipulation est réservée aux équipes spécialisées. Au niveau individuel, le lavage régulier des mains à l'eau et au savon ou l'usage de solutions hydroalcooliques demeurent les premiers remparts pour interrompre définitivement la chaîne de transmission communautaire.
Guyvenant Misenge
