UNISIC en pleine tempête : 247 agents révoqués, apprenants de 3 ème cycle bloqués… appel au Président FATSHI pour le remplacement du comité Bayedila
La République démocratique du Congo traverse une crise institutionnelle préoccupante au sein de l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC, ex-IFASIC). Derrière ce dossier se trouvent 247 agents révoqués, des apprenants du troisième cycle empêchés d’accéder à leur université, des recours judiciaires en attente et une communauté universitaire plongée dans une profonde incertitude.
Le 1er juillet 2026, une lettre ouverte a été officiellement déposée au Cabinet de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Des copies ont également été transmises à Madame la Première Ministre, à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation ainsi qu’aux autres institutions compétentes de la République.
À ce jour, aucune mesure concrète de sortie de crise n’a été annoncée.
Face à cette situation, les signataires lancent un appel solennel au Chef de l’État afin qu’il use de son autorité pour permettre :
• Procéder au remplacement urgent du comité de gestion actuel par une nouvelle équipe dirigeante capable de restaurer la stabilité, la cohésion et la bonne gouvernance au sein de l’UNISIC (ex-IFASIC) ;
• l’ouverture urgente d’une enquête administrative indépendante, impartiale et transparente sur la gouvernance de l’UNISIC (ex-IFASIC) ;
* l’annulation des décisions rectorales contestées ayant conduit à la révocation collective de 247 agents titulaires de numéros matricules, décisions estimées contraires aux principes fondamentaux du droit administratif congolais ainsi qu’aux garanties constitutionnelles ;
* la réhabilitation des 247 agents révoqués afin de mettre fin à la précarité qui frappe aujourd’hui leurs familles ;
* la protection des apprenants régulièrement inscrits au troisième cycle, notamment ceux empêchés d’accéder à l’université alors qu’ils préparent leurs soutenances de DEA ;
* l’examen, dans un délai raisonnable, des recours pendants devant le Conseil d’État conformément aux exigences d’un État de droit ;
* une intervention rapide des autorités compétentes afin de restaurer la légalité, la paix sociale, la bonne gouvernance et la confiance au sein de l’UNISIC.
Cette interpellation intervient dans un contexte particulier.
Au moment où le Président de la République a placé la création de six millions d’emplois au cœur de son second mandat et lancé le programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », doté de 1,3 milliard de dollars américains pour faire de la jeunesse le moteur de la croissance économique, il apparaît particulièrement préoccupant de constater que 247 emplois ont été supprimés dans un établissement public d’enseignement supérieur.
Comment concilier une politique nationale ambitieuse de création d’emplois avec la suppression simultanée de centaines de postes au sein d’une université publique ?
Comment demander à la jeunesse de croire aux institutions lorsque des familles entières sont brutalement plongées dans la précarité et que des apprenants du 3 eme cycle se voient interdire l’accès à leurs études ?
Depuis le mois de mai 2026, le collectif des agents révoqués a saisi le Conseil d’État par une requête en annulation assortie d’un référé-liberté. Pourtant, aucune suite juridictionnelle n’a encore été communiquée, laissant les requérants dans une attente prolongée et une insécurité juridique particulièrement préoccupante.
À cela s’ajoute le silence persistant de l’autorité de tutelle. Malgré les nombreuses correspondances, alertes et recours introduits, aucune médiation ni communication officielle n’est venue contribuer au règlement de cette crise.
La situation est d’autant plus préoccupante que, depuis le 19 juin 2026, plusieurs apprenants régulièrement inscrits au troisième cycle sont empêchés d’accéder à l’université alors qu’ils préparent leurs soutenances de DEA. Cette mesure apparaît susceptible de porter atteinte aux droits garantis par les articles 12, 19, 30, 43, 149 et 150 de la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment en matière d’égalité devant la loi, de droits de la défense, de liberté de circulation, de droit à l’éducation et d’accès à la justice.
Les décisions contestées soulèvent également de sérieuses interrogations au regard des principes fondamentaux du droit administratif congolais, notamment le caractère individuel des sanctions disciplinaires, le respect des droits de la défense, l’interdiction des sanctions collectives, le principe de légalité administrative, l’obligation de motivation des actes administratifs ainsi que le droit à un recours juridictionnel effectif.
Aujourd’hui, la crise de l’UNISIC ne peut plus être considérée comme un simple différend administratif.
Elle est devenue une véritable crise institutionnelle qui menace la stabilité de l’université, compromet l’avenir de centaines d’agents et d’étudiants, des apprenants du 3 eme cycle et interpelle l’ensemble des institutions de la République.
Monsieur le Président de la République, votre engagement en faveur de l’État de droit est régulièrement affirmé. C’est précisément au nom de cet engagement que cette situation appelle aujourd’hui une réponse forte.
Laisser perdurer cette crise reviendrait à fragiliser davantage une institution stratégique chargée de former les professionnels de l’information et de la communication de demain.
Les signataires gardent confiance dans la capacité du Chef de l’État à favoriser le rétablissement de la légalité, de la justice, de la paix sociale et de la crédibilité de l’UNISIC.
Car, au-delà des textes, des procédures et des recours, il y a des femmes, des hommes, des apprenants du 3 eme cycle et des familles qui attendent une décision. L’histoire retiendra ceux qui auront choisi d’agir lorsque la justice était attendue.
Gustave Mawete, stagiaire
