Kwilu : les marches de la Coalition 64 dispersées par la police à Bandundu et Kikwit
La marche annoncée ce mardi 15 septembre par la Coalition 64 n’a pas pu se tenir normalement dans plusieurs villes de la province du Kwilu. À Bandundu comme à Kikwit, les manifestants ont été dispersés par les forces de l’ordre dans un contexte marqué par un important dispositif sécuritaire et de fortes tensions.
À Bandundu, chef-lieu de la province, la présence policière a été renforcée dès les premières heures de la matinée dans plusieurs points stratégiques de la ville. Des éléments de la Police nationale congolaise étaient notamment déployés à la place de la Femme, aux abords de la paroisse Saint-Hippolyte ainsi qu’autour de l’Assemblée provinciale du Kwilu.
L’Assemblée provinciale devait constituer le point de chute des manifestants, qui envisageaient d’y déposer un mémorandum. Deux barrières avaient été installées par la police, avec un contrôle renforcé des mouvements aux alentours de l’institution.
Réunis au siège du parti politique ECiDé, les militants ont été confrontés aux forces de l’ordre au moment du lancement de la manifestation. Une confrontation s’en est suivie pendant plusieurs minutes avant que les policiers ne procèdent à la dispersion des manifestants sur le boulevard du 21-Novembre.
Selon Dieudonné Nzimbu, cadre d’Ensemble pour la République, plusieurs incidents ont été enregistrés au cours de l’opération, notamment des arrestations et la confiscation de certains équipements appartenant à des journalistes.
« Il y a eu même des arrestations, des menaces, la confiscation des téléphones et appareils de certains journalistes », a-t-il déclaré, affirmant que la situation avait dégénéré jusqu’à contraindre les manifestants à battre en retraite sous la pression des forces de l’ordre.
La veille, le maire de Bandundu, Moïse Monshengo, avait annoncé le report à une date ultérieure de la marche initialement prévue ce 15 septembre. L’autorité urbaine avait notamment évoqué « l’atmosphère politique du moment dans la ville » et demandé à la police de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité.
À Kikwit, plusieurs interpellations signalées
À Kikwit, deuxième grande ville du Kwilu, la manifestation n’a également pas pu démarrer. Les militants de l’ECiDé, réunis au siège du parti de Martin Fayulu, ont été dispersés par la police dans un climat de tension.
Selon Me Vainqueur Bwabizini, cadre de l’ECiDé à Kikwit, plusieurs responsables du parti ainsi qu’une dizaine de militants auraient été interpellés.
Il cite notamment la première secrétaire exécutive urbaine de Kikwit et le secrétaire chargé de la Communication parmi les personnes arrêtées.
Le dispositif sécuritaire avait également été renforcé sur plusieurs axes stratégiques de la ville. Les manifestants n’ont pas pu rejoindre le rond-point Monument, qui devait servir de point de départ à la marche. Un important contingent policier y avait été déployé.
Une présence policière était également signalée à la tribune Camp Nsinga, à l’hôtel Muzito ainsi qu’au rond-point Cohydro.
Ces incidents interviennent alors que la Coalition 64 avait appelé à des manifestations dans plusieurs villes du pays. Dans le Kwilu, les autorités ont privilégié le renforcement du dispositif sécuritaire, tandis que les organisateurs dénoncent des interpellations, des menaces et des restrictions à leur liberté de manifester.
La situation reste suivie de près dans la province, où les tensions politiques demeurent vives autour de la mobilisation de l’opposition.
Florant Mvuna correspond de New narratif depuis Kwilu
