Femmes Paix Sécurité en RDC: Les médias appelés à faire du genre une exigence éditoriale

24 Juin 2026 - 17:19
24 Juin 2026 - 20:29
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Femmes Paix Sécurité en RDC: Les médias appelés à faire du genre une exigence éditoriale

Les journalistes ont été outillés au cours d’une formation organisée, ce mercredi 24 juin à Kinshasa, par ONU Femmes sur l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité. Ces assises ont connu plusieurs intervenants, oeuvrant dans le domaine des médias. Parmi eux, madame Clarisse Museme Bukozi, chargée de communication au PNUD, a rappelé aux journalistes l’importance d’intégrer la sensibilité au genre dans leur pratique quotidienne. Elle a insisté sur la réactivité, la réceptivité et la présence comme qualités essentielles pour traiter l’actualité sécuritaire, humanitaire et liée au développement.

Selon elle, le rôle du journaliste ne se limite pas à relater les faits visibles, mais à mettre en lumière les réalités sociales souvent ignorées, en particulier celles qui touchent directement les communautés.

« Dans un environnement marqué par des conflits multiples armés, pastoraux, familiaux ou liés à l’accès aux ressources, elle a souligné que la responsabilité des médias est de dépasser les stéréotypes et de donner une place équitable aux préoccupations des hommes et des femmes», a-t-elle expliqué.

 Clarisse Museme a dénoncé la tendance à réduire les sujets de genre à des rubriques marginales ou anecdotiques, rappelant que des thèmes comme l’accès aux soins, la planification familiale ou la sécurité alimentaire sont des enjeux prioritaires pour la société.

Cette experte en communication a également rappelé que le genre n’est pas une rubrique isolée mais un état d’esprit, un mode de fonctionnement qui doit imprégner toutes les thématiques journalistiques, qu’il s’agisse de politique, d’économie ou d’environnement. Elle a encouragé les rédactions à définir des lignes éditoriales inclusives et à utiliser un langage représentatif, afin de refléter fidèlement les réalités locales. 

Pour Madame Museme, la paix ne se résume pas à l’absence de guerre, mais se construit aussi dans la gestion des tensions quotidiennes au sein des familles et des communautés. Elle a insisté sur le pouvoir des journalistes, détenteurs de micros, de stylos et de caméras, capables de montrer ce que d’autres ne peuvent pas voir. 

« Grâce aux outils institutionnels déjà disponibles, comme les agendas nationaux sur femmes, paix et sécurité, elle a appelé les professionnels des médias à assumer pleinement leur rôle de communicateurs, en valorisant les questions de genre comme une exigence éditoriale et non comme une option secondaire», a-t-elle renchéri, soulignant que la presse joue un rôle essentiel dans la mise en lumière des réalités vécues par les populations déplacées. 

D’après cette figure médiatique, au-delà des chiffres et des généralités, les journalistes révèlent les expériences différenciées, notamment celles des femmes, qui affrontent des risques spécifiques liés à la sécurité, à l’accès aux soins et aux moyens de subsistance. «Dans les camps, elles doivent parfois parcourir de longues distances pour chercher du bois, s’exposant à des agressions, ou se battre pour obtenir de l’eau potable et des services de maternité mobiles», a-t-elle illustré, précisant que ces récits permettent de rendre visibles les vulnérabilités particulières et d’équilibrer la représentation entre hommes et femmes.

Pour Clarisse Museme, le journalisme sensible au genre consiste à intégrer ces perspectives dans le traitement de l’information. «Il ne s’agit pas seulement de parler de politique ou de conflits, mais de montrer comment les femmes, les jeunes et les minorités sont impliqués et affectés. Des outils existent pour évaluer cette prise en compte, notamment à travers des enquêtes et des statistiques sur la place accordée aux femmes dans les contenus médiatiques», a-t-elle évoqué 

A en croire Clarisse Museme, ces données fiables sont indispensables pour convaincre les bailleurs de financer des projets, car elles démontrent l’attention portée aux questions de genre et aux populations vulnérables.

Dans son exposé, madame Museme a démontré que la communication humanitaire doit aussi documenter les crises dans toutes leurs dimensions. « Une inondation, par exemple, ne se limite pas à la montée des eaux : elle entraîne la fermeture des routes, la perte des récoltes, la difficulté d’accès aux marchés et la gestion des déchets plastiques», a-t-elle développé, ajoutant que les journalistes doivent relier ces causes et conséquences pour sensibiliser à la nécessité d’une paix environnementale et d’une meilleure gestion des ressources. 

De même, dans les camps de déplacés, la sécurité, l’accès aux services sociaux de base, la scolarisation des enfants et la protection des survivantes de violences sont des thèmes incontournables.

Dans toutes les interventions, l’accès a été mis sur une approche inclusive  en vue de favoriser un développement équilibré. Elle met en avant les besoins biologiques et sociaux des femmes enceintes, des enfants, des familles, et souligne la responsabilité partagée entre les institutions, la société civile et les communautés. 

En valorisant les voix des femmes et en réduisant les stéréotypes, les médias contribuent à promouvoir l’égalité des chances et à soutenir les objectifs de développement durable. Ils influencent les comportements et les normes sociales, tout en renforçant l’efficacité de la communication humanitaire. Ainsi, le journalisme sensible au genre devient un outil stratégique pour la paix, la justice sociale et le développement inclusif.

À l’issue de chaque exposé, un temps de questions-réponses a permis aux participants d’interpeller directement les intervenants. Les débats ont été particulièrement animés lors de cette première journée de formation, marquée par des échanges parfois houleux. Le programme se poursuivra jusqu’au jeudi 25 juin, date prévue pour la clôture.

J-M. Dipumba

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »