IGF : Christophe Bitasimwa veut accélérer la transformation numérique du contrôle des finances publiques

11 Septembre 2026 - 15:15
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IGF : Christophe Bitasimwa veut accélérer la transformation numérique du contrôle des finances publiques

L’Inspection générale des finances (IGF) entend franchir une nouvelle étape dans la modernisation du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo. Après plusieurs années dominées par la « patrouille financière », l’institution veut désormais privilégier un modèle de contrôle systémique, fondé sur le numérique, l’exploitation des données et l’analyse des risques.

Cette orientation constitue l’un des principaux objectifs du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’IGF. L’Inspecteur général des Finances, Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a appelé les inspecteurs des finances, cadres, agents et partenaires de l’institution à s’approprier cette nouvelle vision, destinée à renforcer la gouvernance, la discipline budgétaire et la sécurisation des ressources de l’État.

De la patrouille financière au contrôle systémique

Selon la nouvelle stratégie de l’IGF, le modèle traditionnel de contrôle présente aujourd’hui certaines limites. La « patrouille financière », qui a notamment contribué à assainir plusieurs circuits de dépenses et de recettes publiques, demeure fortement consommatrice en ressources humaines et financières.

L’institution estime également que les effets de contrôles ponctuels peuvent s’estomper lorsque les contrôleurs se retirent des structures concernées. D’où la nécessité, selon cette nouvelle approche, de s’attaquer davantage aux causes profondes des dysfonctionnements.

L’IGF entend ainsi évoluer vers un contrôle permanent, systémique et intelligent, capable d’identifier les risques en amont et de prévenir les pertes financières plutôt que d’intervenir uniquement après la constatation des irrégularités.

Le numérique comme levier de transformation

Au cœur de cette mutation figure la maîtrise de la donnée. L’IGF ambitionne notamment de favoriser l’interconnexion des systèmes d’information liés aux recettes fiscales et douanières, à la paie ainsi qu’aux marchés publics.

Le croisement de ces différentes données doit permettre de détecter les incohérences, d’identifier les zones de vulnérabilité et d’établir des cartographies des risques. Cette approche vise à adapter les méthodes de contrôle à la complexité croissante des flux financiers publics et à l’évolution des technologies.

À terme, l’objectif affiché est de faire de l’IGF une « institution d’intelligence et d’intervention », capable d’anticiper les risques et de contribuer durablement à l’amélioration de la gouvernance financière de l’État.

Six axes prioritaires pour 2026-2028

Le Plan stratégique triennal repose sur six axes majeurs : la transformation digitale et la maîtrise de l’information ; la transition vers un contrôle systémique fondé sur les risques ; la protection et la valorisation du patrimoine public ; le renforcement de la gouvernance économique et financière ; l’amélioration de la qualité de la dépense publique ; ainsi que le renforcement institutionnel de l’IGF, notamment à travers sa déconcentration.

La réussite de cette réforme ne dépendra toutefois pas uniquement des investissements technologiques. L’IGF mise également sur l’appropriation du plan par ses ressources humaines et ses différents partenaires.

Quatre valeurs ont été retenues pour accompagner cette transformation : l’intégrité, le professionnalisme, l’excellence et la redevabilité. L’institution prévoit, entre autres, l’élaboration de guides sectoriels de contrôle, un plan pluriannuel de renforcement des capacités, des actions de vulgarisation et de sensibilisation, ainsi qu’un renforcement de la supervision et du travail en équipes pluridisciplinaires.

Une mise en œuvre progressive jusqu’en 2028

La transformation sera déployée progressivement sur les trois années du plan. En 2026, l’IGF prévoit notamment la mise en place des organes de gouvernance du plan, la dématérialisation du travail administratif, l’acquisition d’infrastructures numériques et l’identification des principales plateformes sources de données.

L’année 2027 devrait être consacrée à la poursuite de la connexion aux différentes plateformes de données et au lancement d’un contrôle systémique pilote.

En 2028, l’institution prévoit de consolider son infrastructure numérique et d’étendre progressivement ce nouveau modèle de contrôle, en fonction du niveau de digitalisation des systèmes de gestion publique.

Le coût global de cette transformation est évalué à 39 millions de dollars américains sur trois ans. À ce stade, les financements prévisibles couvriraient environ 22 millions de dollars, soit 56 % des besoins. L’IGF fait ainsi état d’un besoin complémentaire estimé à 17 millions de dollars.

Avec cette réforme, l’IGF veut donc passer d’une logique de contrôle essentiellement ponctuel à une approche davantage préventive, numérique et fondée sur les risques, avec l’ambition de renforcer durablement la transparence et l’efficacité dans la gestion des finances publiques en RDC.

christian Mutombo 

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »