Israël Mutombo, le cauchemar académique des héritiers poussiéreux en RDC
En République démocratique du Congo, la croyance selon laquelle le diplôme constitue la clé unique pour résoudre les problèmes sociaux reste profondément ancrée. Beaucoup continuent de s’appuyer sur des théories importées de sociétés occidentales, sans toujours tenir compte du contexte local. Pourtant, depuis plus de cinq ans, une figure médiatique s’est imposée en dehors de ce schéma académique : Israël Mutombo, fondateur de Bosolo Télévision.
Son ascension fulgurante a séduit une large audience, mais suscite aussi de vives critiques de la part de journalistes formés à l’université. Ces derniers l’accusent régulièrement de ne pas respecter les règles déontologiques de la profession et dénoncent ses « dérapages ».
Mais derrière ces reproches se cache une réalité plus sensible : Mutombo n’a pas fréquenté les écoles de journalisme.
Autodidacte, il s’est formé par lui-même et a réussi à bâtir une notoriété qui dérange ceux qui ont passé plusieurs années sur les bancs de l’université.Son cas n’est pas isolé.
D’autres personnalités de la télévision congolaise ont également émergé sans parcours académique classique, prouvant qu’en RDC, le talent, l’initiative et l’autodidaxie peuvent parfois rivaliser avec les diplômes.
Israël Mutombo n’est plus seulement un journaliste d’investigation, il est devenu une matière vivante, un chapitre incontournable de la réalité congolaise. On l’étudie comme un volcan du Kivu : imprévisible, dangereux, mais irrésistiblement fascinant.
Face à lui, les héritiers par défaut, ces théoriciens engoncés dans leurs amphithéâtres poussiéreux, grincent des dents. Ils voudraient l’effacer, mais son nom est déjà gravé à la craie indélébile sur le tableau du débat public.
Mutombo est disséqué comme une grenouille en classe de biologie, sauf que la grenouille s’échappe toujours du bocal, laissant les universitaires prisonniers de leurs diplômes ronflants. Car voilà la gifle : l’université n’est plus la fabrique des journalistes, mais une usine à titres creux.
Mutombo, lui, a transformé la rue en campus, le micro en arme, et les scandales en programme d’études. Ses détracteurs l’accusent de violer la déontologie, comme si eux-mêmes n’avaient jamais franchi cette ligne.
Ils restent accrochés aux vieilles théories, incapables de suivre la vitesse du terrain. Qu’ils s’étouffent ou qu’ils applaudissent, Mutombo est déjà au sommet.
Il est devenu le cauchemar des salons, le phénomène qui ridiculise les princes sans royaume. Pendant qu’ils s’enlisent dans les notes de bas de page, lui écrit l’histoire en lettres capitales.
J-M. DIPUMBA
