Tshopo : Paulin Lendongolia fixe de nouveaux prix du ciment après une flambée à Kisangani
Le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a annoncé une nouvelle tarification du ciment afin de freiner la hausse des prix observée ces dernières semaines à Kisangani et dans les autres territoires de la province. Les nouveaux prix de référence ont été communiqués jeudi 8 octobre 2026, à l’issue d’une réunion avec les opérateurs économiques du secteur.
Le gouvernement provincial de la Tshopo passe à l’action face à la flambée du prix du ciment. À l’issue des échanges avec les opérateurs économiques, le gouverneur Paulin Lendongolia a fixé de nouveaux prix de référence pour ce matériau essentiel à la construction.
Désormais, le sac de ciment de type 32,5 est fixé à 39 950 francs congolais, tandis que celui de type 42,5 est établi à 44 650 francs congolais. Cette mesure vise à encadrer la commercialisation du ciment et à contenir les augmentations qui pèsent sur les consommateurs et les professionnels du bâtiment.
L’annonce a été faite par Me Michel Lumumba Biambe, porte-parole du gouverneur, à l’issue de la réunion consacrée à l’examen des facteurs à l’origine de la hausse des prix, notamment les coûts d’approvisionnement, les charges supportées par les commerçants et les marges bénéficiaires.
Une hausse préoccupante pour les ménages
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une augmentation importante du prix du sac de ciment sur les marchés de Kisangani. Selon les informations relayées par la presse locale, le prix, qui oscillait auparavant entre 15 et 16 dollars américains, a connu une progression significative, atteignant jusqu’à 55 200 francs congolais, soit environ 24 dollars selon le taux de conversion utilisé.
Dans une publication du 4 octobre, le média Netic News faisait déjà état d’une hausse du prix du ciment gris, passé de 32 500 à 52 000 francs congolais en quelques semaines.
Cette évolution a suscité des inquiétudes auprès des ménages, des maçons et des entrepreneurs du secteur de la construction. Pour de nombreuses familles qui bâtissent progressivement leurs habitations, l’augmentation du coût du ciment représente une charge supplémentaire susceptible de ralentir, voire de suspendre, certains travaux.
Les autorités enquêtent sur les causes de la flambée
Avant l’annonce de cette nouvelle tarification, les autorités provinciales avaient entrepris des démarches pour mieux comprendre les mécanismes à l’origine de la hausse.
Le 7 octobre, la ministre provinciale du Plan, du Budget, de l’Économie et des PME, Claudine Atisandi, a effectué une visite de terrain à Kisangani pour s’informer sur les stocks disponibles et les conditions d’approvisionnement du marché. Elle s’est notamment rendue auprès de l’entreprise PPC Barnet, où elle a échangé avec Jean-Pierre Bashigue, responsable de cette société.
Cette démarche visait à recueillir les explications des acteurs de la chaîne d’approvisionnement et à examiner les différents éléments intervenant dans la détermination du prix de vente.
Lors de la réunion du 8 octobre, les discussions ont notamment porté sur les prix d’achat auprès des sociétés industrielles, les charges étatiques ainsi que les marges bénéficiaires des opérateurs économiques. Pour le gouvernement provincial, la fixation des prix doit reposer sur une structure prenant en compte ces différents paramètres.
Le défi de l’application des nouveaux tarifs
Au-delà de l’annonce officielle, le principal enjeu reste désormais l’application effective de cette tarification dans les dépôts et les points de vente de la province.
Les services provinciaux compétents ont été chargés de veiller au respect des prix annoncés, tandis que les opérateurs économiques sont appelés à se conformer aux nouvelles dispositions.
Toutefois, plusieurs questions restent en suspens, notamment la prise en compte des stocks acquis aux anciens prix, l’uniformité de l’application des tarifs et les modalités de contrôle sur les marchés.
La réussite de cette mesure dépendra donc de la capacité des autorités à assurer un suivi régulier et à concilier la protection des consommateurs avec les réalités économiques auxquelles sont confrontés les commerçants et les fournisseurs.
Pour les habitants de la Tshopo, l’attente est désormais de voir cette décision se traduire par une baisse effective du prix du ciment. À terme, la stabilisation du marché dépendra également de la régularité de l’approvisionnement et de la maîtrise des coûts tout au long de la chaîne de distribution.
Matthieu KINGANDA
