Affaire Guy Shungu : Chronique d’un acharnement administratif à la RTEDUC

6 Mai 2026 - 00:22
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Affaire Guy Shungu : Chronique d’un acharnement administratif à la RTEDUC

L’administration de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) semble s’être engagée dans un imbroglio juridique et éthique qui interpelle l’opinion. Entre suspensions, réhabilitations et pressions supposées de la haute hiérarchie, le cas de Guy Shungu, Directeur Chef de Service (DCS) de la Radio Télévision Éducationnelle (RTEDUC), pose une question fondamentale : où s’arrête la justice administrative et où commence la chasse à l’homme ?

Qui en veut à la peau de Guy Shungu ?

L'histoire frise l'absurde. Suspendu une première fois pour un simple lapsus, Guy Shungu avait réussi à démontrer l'inanité des faits reprochés. Sa défense, solide et documentée, avait conduit à sa réhabilitation en bonne et due forme. Mais le répit fut de courte durée. Deux semaines seulement après sa reprise de service, le couperet retombe : une nouvelle suspension pour les mêmes faits déjà classés.

Cet acharnement soulève une interrogation légitime : au-delà de la faute technique inexistante, est-ce le bilan ou la personnalité de l'homme qui dérange ? À la tête de la RTEDUC, ses réalisations sont palpables, mais dans les couloirs de l'administration, l'efficacité semble parfois devenir un défaut.

Le SG de l’EPST dit agir « au nom de la Présidence »

Pour justifier cette seconde suspension qui piétine le principe juridique sacré du « non bis in idem » (on ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits), le Secrétaire Général de l’EPST brandit un argument de poids : il agirait sur ordre de la Présidence de la République.

Si cette version est avérée, elle pose un problème de crédibilité institutionnelle majeur. La Présidence, garante de l’État de droit, peut-elle réellement cautionner une violation aussi flagrante des procédures administratives ? Ou s’agit-il d’un bouclier commode utilisé par l’administration de l’EPST pour couvrir une décision arbitraire ? Le nom de la première institution du pays mérite mieux que d'être associé à une procédure que beaucoup qualifient déjà de « honte administrative ».

Une administration « dans la rue »

En suspendant, réhabilitant, puis resuspendre le même cadre pour un dossier clos, l’administration de l’EPST donne l’image d’un pilotage à vue. C’est la crédibilité de tout un secteur qui s’en trouve ébranlée. Comment motiver les troupes et garantir la sérénité au sein des services publics si les garanties juridiques les plus élémentaires sont balayées par des motifs « montés de toutes pièces » ?

Justice ou règlement de comptes ?

Aujourd'hui, l'heure est au questionnement. Le cas Shungu dépasse le cadre d'un simple conflit de travail ; il devient le symbole d'une lutte pour le respect du droit face à l'arbitraire. Si le lapsus ne visait personne, l'acharnement, lui, semble viser une tête bien précise.

Il est temps que la lumière soit faite et que cesse ce cycle de suspensions injustifiées. La justice congolaise et les autorités de tutelle sont interpellées pour que le droit du travail ne soit plus sacrifié sur l’autel de sombres agendas de couloir.

Misenge

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