Massacre à Beni : Kinshasa promet une riposte implacable contre les ADF après la tuerie du quartier Ngadi
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo tape du poing sur la table. Dans un communiqué officiel publié ce lundi 1er juin 2026, l'exécutif national a condamné avec la plus grande fermeté le massacre perpétré le dimanche 31 mai par les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés à l’État islamique, dans le quartier Ngadi, situé dans la périphérie nord de la ville de Beni (Nord-Kivu).
Le bilan communiqué par les autorités provinciales est lourd : quinze civils et un militaire engagé dans la protection de la population ont été lâchement exécutés, et plusieurs habitations ont été incendiées.
Face à cette nouvelle tragédie qui endeuille la région, le Gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présenté ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes et exprimé sa totale solidarité envers les blessés. Kinshasa a réaffirmé que l'éradication des ADF demeurait la priorité nationale absolue, annonçant que des mesures sécuritaires supplémentaires urgentes étaient en cours de déploiement pour verrouiller les zones affectées et intensifier la traque de ces cellules terroristes.
Tout en appelant les habitants de Beni au calme et à une vigilance accrue, le pouvoir central a insisté sur la nécessité de maintenir une confiance indéfectible envers les Forces armées de la RDC (FARDC). Le Gouvernement a martelé que ces crimes « odieux » ne resteraient pas impunis et que tous les auteurs de ce carnage seraient traqués, capturés et traduits devant la justice. Cette nouvelle incursion rappelle la complexité et la persistance de la menace terroriste dans l'Est, poussant Kinshasa à vouloir redéfinir sa stratégie militaire pour restaurer une paix durable.
*Les ADF, du maquis ougandais à la franchise de l'État islamique*
Fondées dans les années 1990 en Ouganda pour renverser le régime de Yoweri Museveni, les Forces démocratiques alliées (ADF) se sont repliées dans l'Est de la RDC, s'enracinant dans les zones d'accès difficile du territoire de Beni. À partir de 2019, le groupe a opéré un virage idéologique majeur en prêtant allégeance à l'organisation État islamique (EI), devenant sa branche en Afrique centrale (ISCAP).
Cette affiliation s'est traduite par une sophistication de leurs modes opératoires, caractérisés par des massacres de masse à la machette, des décapitations et l'usage accru d'engins explosifs improvisés (EEI). Malgré les opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise (FARDC-UPDF) lancées depuis fin 2021, ce groupe terroriste conserve une forte capacité de nuisance en se réorganisant en petites cellules mobiles disséminées entre le Nord-Kivu et l'Ituri.
Juvenal Bulemo
