RDC : à l'Assemblée nationale, le VPM Guy Kabombo auditionné sur la crise des Mbororo et la coopération militaire avec la RCA
Le nouveau patron de la Défense nationale passe son premier grand oral devant la représentation nationale. Ce lundi 1er juin 2026, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants, Me Guy Kabombo Muadiamvita, a été auditionné à huis clos par la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale. Les élus du peuple ont exigé des clarifications urgentes sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la partie nord-ouest de la République démocratique du Congo, marquée par l’afflux des éleveurs nomades Mbororo, ainsi que sur les contours de l'accord de coopération militaire récemment amorcé avec la République centrafricaine (RCA).
Face au feu roulant des questions des députés, le VPM Kabombo a dressé un état des lieux exhaustif de la situation aux frontières. Il a notamment décrypté les enjeux géopolitiques et environnementaux qui entourent l’installation de ces « réfugiés climatiques » Mbororo, dont la présence armée et pastorale exacerbe les tensions communautaires dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et d'une partie du Haut-Uele. Pour y faire face, le ministre a plaidé pour une mutualisation des efforts institutionnels :
« La réponse à la problématique des Mbororo ne peut pas être uniquement militaire. Elle exige une synergie institutionnelle et des actions interministérielles rigoureusement coordonnées (Défense, Intérieur, Affaires étrangères) afin d’apporter une solution globale et adaptée à ces défis sécuritaires et migratoires transfrontaliers. »
Abordant le second volet de l'audition relatif au rapprochement stratégique avec Bangui, le Vice-Premier ministre a soutenu que cet accord bilatéral s’inscrit en droite ligne de la feuille de route du Gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Cette politique étrangère vise à briser l'isolement de la RDC en densifiant les alliances militaires de bon voisinage et en renforçant les mécanismes de sécurité collective avec les États de la sous-région d'Afrique centrale.
Sous la supervision directe du Chef de l’État et Commandant suprême des FARDC, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette nouvelle doctrine diplomatique devrait prochainement se matérialiser par la nomination d’attachés de défense dans plusieurs capitales stratégiques. L’ambition affichée par l'exécutif national est de moderniser l'outil de défense et de repositionner durablement l'armée congolaise comme un acteur géopolitique majeur et respecté dans le concert des nations.
Christian Mutombo
