Nord-Kivu : la Chefferie de Watalinga et le Secteur de Rwenzori actualisent leurs Plans Locaux de Sécurité avec l’appui de la MONUSCO
Face à la mutation constante des menaces dans l'est de la République démocratique du Congo, la gouvernance sécuritaire locale se dote de nouveaux outils stratégiques. Dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), la chefferie de Watalinga et le secteur de Rwenzori ont finalisé l’actualisation de leurs Plans Locaux de Sécurité (PLS). Initiez en 2019 dans le cadre du projet « Ensemble pour Beni », ces guides directeurs étaient devenus obsolètes depuis 2022. Leur révision, rendue possible grâce à l'appui technique et financier de la MONUSCO, vise à adapter les réponses institutionnelles aux réalités sécuritaires de 2026.
Le processus de réaménagement, qui s’est étalé du 25 au 30 mai 2026 à Kamango et Mutwanga, a mobilisé près de 60 délégués des forces vives et institutionnelles. Les ateliers ont réuni des autorités politico-administratives de premier plan, dont Sa Majesté Mwami Bhalitusuka Saa Mbili IV Pascal (Mwami de Watalinga) et le chef du secteur de Rwenzori, aux côtés des experts de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la Police nationale congolaise (PNC), de la Direction générale de migration (DGM) et des organisations de la société civile.
En amont, une session de mise à niveau animée par l’Inspection Générale de la Territoriale (IGETER) a permis de redynamiser les Comités Locaux de Sécurité (CLS) et de rapprocher les décideurs de leurs administrés.
Grâce à ce diagnostic participatif, les spécificités de chaque entité ont été minutieusement cartographiées. Dans le secteur de Rwenzori, six défis majeurs ont été épinglés : la porosité des frontières, l’état de délabrement des routes, la dollarisation de l'économie locale au détriment du franc congolais, l’activisme persistant des terroristes ADF, les conflits fonciers, ainsi que la montée de la toxicomanie et de la prostitution. Se félicitant de cette approche, le chef de secteur, Japhet Kasereka Mapati, a déclaré : « Ce plan tient compte des réalités du terrain. Il définit une vision claire, des priorités concrètes et des mécanismes de collaboration destinés à prévenir l’insécurité, renforcer la cohésion sociale et instaurer un climat de confiance entre la population et les institutions. »
Du côté de la chefferie de Watalinga, les priorités s'articulent autour de cinq axes : le banditisme armé, les conflits fonciers, les tensions récurrentes liées aux limites de démarcation du Parc national des Virunga, la menace sanitaire de l'épidémie d'Ebola et la barbarie des ADF. Pour les leaders locaux, l'adhésion de la base reste la clé de voûte de ce programme. Le président de la jeunesse du secteur de Rwenzori, Nzangura, a d'ailleurs réaffirmé l'engagement de ses pairs : « En tant que jeunes, nous avons un rôle important à jouer dans le rétablissement de la paix, notamment à travers une collaboration étroite avec les autorités. »
Valables pour les trois prochaines années, ces nouveaux Plans Locaux de Sécurité serviront de boussole stratégique pour planifier les opérations de sécurisation, tout en matérialisant la politique de gestion participative de la sécurité. Pour la MONUSCO, le financement de ces réformes s'inscrit en droite ligne de sa stratégie globale de transition et de son mandat d'appui au renforcement des institutions républicaines chargées de la protection des civils.
Juvenal Bulemo
