Kinshasa : Le RCET de Lisanga Bonganga boycotte la « ville morte » et charge l'opposition
Le Rassemblement des compagnons d’Étienne Tshisekedi (RCET) et Progrès social s'oppose frontalement à l'appel à la journée « ville morte » lancé par la coalition de l'opposition C64 pour ce mercredi 3 juin. Par la voix de son leader, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, le regroupement rejette en bloc ce qu'il qualifie de « distraction » et appelle fermement les Kinois à ignorer ce mot d'ordre pour vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.
Pour le RCET, paralyser l'économie informelle de la capitale, dont dépendent la majorité des ménages kinois pour leur survie quotidienne, constitue un non-sens absolu. Face à la presse, Jean-Pierre Lisanga Bonganga a fustigé la stratégie de l'opposition : *« On ne peut pas demander à une population qui vit au taux du jour de rester enfermée chez elle pour des calculs politiques stériles. Les Kinois ont besoin de travailler pour nourrir leurs familles »*, a-t-il martelé.
Haussant le ton, le leader du RCET a ouvertement qualifié les initiateurs de cette action de « traîtres ». Selon lui, cette tentative de paralyser Kinshasa s'inscrit dans un agenda obscur visant à affaiblir le pays de l'intérieur : *« Ceux qui appellent à la ville morte aujourd'hui font le jeu de l'ennemi. Ce sont des traîtres de mèche avec le M23 et Paul Kagame pour déstabiliser nos institutions alors que nos forces armées se battent à l'Est »*, a-t-il déclaré avec véhémence.
Cette contre-offensive politique s'accompagne d'un soutien réitéré du RCET en faveur du projet de changement de la Constitution, un sujet qui cristallise actuellement les tensions dans le pays. Lisanga Bonganga assume pleinement cette position, estimant que la loi fondamentale actuelle ne répond plus aux réalités congolaises : *« Nous réitérons notre soutien total au changement de la Constitution. C'est une nécessité historique pour adapter nos lois à nos propres réalités et consolider notre souveraineté »*.
Pour ce camp politique, l'heure doit être à la continuité nationale et à la cohésion derrière les autorités légitimes, plutôt qu'aux blocages à répétition. Le RCET estime que la priorité doit rester la défense de la patrie face aux agressions extérieures, et que toute démarche tendant à créer le chaos dans la capitale ne fait qu'offrir des arguments aux détracteurs de la République.
Ce bras de fer autour de la journée du 3 juin se transforme ainsi en un véritable test de popularité et d'influence pour l'opposition et le pouvoir au cœur de la capitale. La réaction des Kinois ce mercredi déterminera si le message de boycott du RCET a été entendu ou si le mot d'ordre de la coalition C64 réussira à paralyser la mégapole congolaise.
Christian Mutombo
