RDC : Faible absorption des financements extérieurs, Félix Tshisekedi exige des résultats du Gouvernement Suminwa
Le Gouvernement Suminwa, qualifié de « Gouvernement d’actions et des résultats », fait face à d’importantes difficultés pour absorber les financements alloués par les partenaires techniques et financiers à la République démocratique du Congo. Selon un rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF) présenté au chef de l’État, sur une enveloppe totale de 10,7 milliards de dollars américains mise à disposition, « à peine 24 % ont effectivement été absorbés par l’Exécutif national », laissant ainsi plus de 8,3 milliards de dollars « moisir encore dans les comptes des institutions financières internationales », telles que la Banque mondiale et la BAD.
Intervenant lors de la réunion du Conseil des ministres du 14 août 2026, le président de la République, Félix Tshisekedi, a exprimé son mécontentement face à cette situation, soulignant qu’elle « traduit une faible capacité à convertir les financements mobilisés en investissements effectifs, en raison notamment de lourdeurs procédurales et de retards dans la mobilisation des fonds de contrepartie ». Le chef de l'État a également averti que cette contre-performance « affecte l’efficacité de l’action publique et la crédibilité de l’État auprès de ses partenaires », tout en insistant sur « la nécessité d’instaurer une culture de l’exécution et des résultats, afin que chaque financement mobilisé produise un impact concret sur les conditions de vie de nos populations ».
Afin de redresser la situation, Félix Tshisekedi a formellement instruit la Première Ministre de « faire de l’amélioration du taux de décaissement des projets financés sur ressources extérieures une priorité de l’action gouvernementale ». Il lui a également demandé de soumettre « un Plan gouvernemental de redressement, précisant les actions à mener, les responsabilités, les objectifs de performance ainsi que les mécanismes de suivi et de redevabilité ».
Dans la même optique, des directives ont été adressées au Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, au Ministre d’État, Ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, ainsi qu’au Ministre des Finances, leur enjoignant de « garantir la disponibilité des fonds de contrepartie, de simplifier et digitaliser les procédures relevant de leurs compétences et de renforcer la coordination avec les Partenaires Techniques et Financiers ».
Les ministres sectoriels ont quant à Eux reçu l’ordre « d’identifier et de lever sans délai les obstacles affectant leurs projets, et d’en assurer un suivi régulier fondé sur des indicateurs de performance ».
Pour pérenniser ce suivi, la Cheffe du Gouvernement a été invitée à mettre en place « un mécanisme interministériel permanent de suivi, adossé à un tableau de bord national permettant de suivre, pour chaque projet, les décaissements, l’état d’exécution, les contraintes et les mesures correctives ».
Enfin, le président de la République a mandaté l’Inspection Générale des Finances pour « poursuivre son travail d’accompagnement, d’alerte et d’évaluation de la performance de ces projets », dans le strict respect de ses attributions.
Guyvenant Misenge
