Stabilité macroéconomique : L'inflation ralentit à 3,3 %, le Franc Congolais résiste
La trajectoire économique de la République Démocratique du Congo affiche des signaux de consolidation rassurants en cette fin de troisième trimestre. Invité à prendre la parole lors de la 99ᵉ réunion ordinaire du Conseil des Ministres, le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) a présenté un rapport conjoncturel marquant une accalmie notable sur le front des prix et une résilience de la monnaie nationale.
Cette dynamique positive traduit les effets conjugués des politiques monétaires restrictives menées par l'institut d'émission, d'une coordination renforcée avec les finances publiques et d'un environnement international globalement porteur pour les exportations congolaises.
L'indicateur le plus éloquent de cette stabilisation réside dans le ralentissement continu du rythme d'augmentation des prix à la consommation. L'inflation hebdomadaire s'est repliée à 0,11 %, prolongeant la tendance à la baisse observée depuis la fin du mois d'août.
En glissement annuel, le thermomètre de la cherté de la vie enregistre une chute spectaculaire en s'établissant à 3,3 %, alors qu'il culminait à 7,8 % un an plus tôt. Cette performance place l'inflation nationale largement en dessous de l'objectif de moyen terme fixé à 7 % par la Banque Centrale, offrant un souffle de prévisibilité au pouvoir d'achat des ménages et aux projections financières des entreprises locales.
Sur le marché des devises, le Franc Congolais maintient un ancrage solide face au dollar américain, enrayant la volatilité qui caractérisait autrefois la monnaie nationale. Au 18 septembre 2026, les cours indicatifs indiquent un taux de 2 266,65 CDF pour un dollar au segment interbancaire, couplé à une très légère appréciation de 0,01 %. Sur le marché parallèle, la dépréciation reste minime (-0,03 %), s'établissant à 2 339,50 CDF pour un dollar.
Ce resserrement de l'écart entre le taux officiel et le cours parallèle s'explique par une régulation rigoureuse de la liquidité bancaire et par le comportement favorable des cours mondiaux des principaux produits de base exportés par le pays, notamment les minerais critiques qui continuent d'alimenter les réserves de change de l'État.
Malgré ce tableau conjoncturel au vert, l'autorité monétaire refuse tout triomphalisme et alerte le gouvernement sur la persistance de risques structurels.
Pour pérenniser ces acquis et prémunir l'économie nationale contre les volatilités des marchés mondiaux, la Banque Centrale du Congo a formulé une feuille de route axée sur la prudence. Elle appelle notamment à maintenir un suivi rigoureux des prix des biens et services auprès des opérateurs économiques afin de contenir les anticipations inflationnistes, à diversifier en urgence les approvisionnements énergétiques du pays et, surtout, à accélérer la transformation locale du tissu productif pour briser la dépendance historique de la RDC aux chocs extérieurs sur les matières premières.
Gustave Mawete
