RDC : Ville morte ignorée, les kinois tournent le dos à l’opposition

3 Juin 2026 - 23:35
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RDC : Ville morte ignorée, les kinois tournent le dos à l’opposition

 Les perspectives d'une capitale morte se sont évaporées dès la mi-journée ce mercredi. À midi, Kinshasa avait déjà retrouvé son effervescence habituelle, infligeant un démenti cinglant aux organisateurs de la journée de contestation. Au Grand Marché, poumon économique de la ville, le décor était loin des rues désertes espérées

L’ambiance y était totale ; vendeurs et acheteurs se bousculaient dans un brouhaha familier. Pour Dieudonné Mbala, grossiste en produits vivriers, rester à la maison n'était même pas une option : « Nous vivons au taux du jour, si je ne vends pas, mes enfants ne mangent pas ». Un avis partagé par Fifi Lukusa, vendeuse de pagnes, qui affirme : « Les politiciens doivent trouver d'autres méthodes que de bloquer nos activités ». Dans les salons de coiffure qui affichaient complet, la résistance économique était la même. Charly Mambu, coiffeur, confie entre deux coups de ciseaux : « Mes clients sont venus normalement, la vie continue ».

Même constat au Rond-point Victoire, nœud névralgique de la capitale, où le trafic, timide à l'aube, a rapidement explosé. Les bus Transco, les taxis, les motos et les tricycles se disputaient la chaussée pour acheminer des milliers de Kinois. Avec cette circulation dense et fluide, le cœur de la ville battait son plein. « Ce matin, j'ai hésité à sortir, mais quand j'ai vu l'ambiance à Victoire, j'ai chargé mes clients comme d'habitude », explique Justin Toko, chauffeur de taxi-bus.

Sur le trottoir, Thérèse Nzuzi, une passagère en route pour son bureau, fustige le mot d'ordre : « On ne peut pas paralyser une ville de plus de 15 millions d'habitants pour des slogans ». Pour le receveur de bus Alain Kabeya, le calcul est simple : « Pas de travail, pas de recette, donc pas de salaire. C’est la réalité du terrain ».

À l'autre extrémité de la ville, le Rond-point Ngaba offrait le même spectacle de résilience. Ici, la vie suivait son cours normal : les camions en provenance de la province du Kongo-Central déchargeaient leurs marchandises sous l'œil vigilant des grossistes, les transactions s'enchaînaient et le flot de passagers restait ininterrompu. La paralysie annoncée n'a pas eu lieu. « Nos camions de braises et de foufou sont arrivés à l'aube sans aucun problème », témoigne Mama Alphonsine, commerçante de denrées de base. À ses côtés, le manutentionnaire Junior Basele se réjouit : « J'ai déjà déchargé trois véhicules aujourd'hui, la journée est bonne ». Un sentiment de normalité partagé par Éric Tshimanga, un habitant du quartier venu faire ses achats : « Le pays a trop de problèmes pour qu'on en rajoute nous-mêmes avec des blocages ».

Incontournables dans le système de transport kinois, les motocyclistes, communément appelés « Wewa », n’ont pas non plus levé le pied. Pour eux, la journée s'est déroulée au rythme soutenu des courses habituelles. « Le carburant coûte cher, nous avons des dettes à rembourser, on ne peut pas croiser les bras », s'exclame Patrice Ndala, installé sur sa moto au carrefour. Son collègue Moïse Kitoko renchérit en chargeant un client : « Nous sommes les rois de la route, si les Wewa roulent, c'est que la ville morte a échoué ».

 De son côté, Sébastien Kanza, un habitué de ce mode de transport, confirme l'affluence : « J'ai trouvé une moto en moins de deux minutes pour aller à mon rendez-vous ».

Le secteur éducatif a lui aussi superbement ignoré le mot d'ordre de boycott. Portes grand ouvertes, les écoles ont fait le plein. En uniforme bleu et blanc, les élèves ont massivement répondu présent, regagnant leurs domiciles en début d'après-midi après avoir normalement passé leurs examens. « Le calendrier scolaire est sacré, nous avons organisé les épreuves comme prévu », martèle Mme Clotilde Ngalula, directrice d'un établissement public.

Dans l'opinion publique, le constat est unanime : l'heure n'est plus aux blocages économiques qui appauvrissent la population. 

Face à l'agression rwandaise dans l'Est de la République Démocratique du Congo, les Kinois estiment que le pays a plutôt besoin d'unité. « Notre seule priorité actuelle doit être le soutien à nos FARDC face à l'ennemi, pas la déstabilisation de Kinshasa », tranche l'étudiant Jonathan Mukendi, soutenu par l'analyste citoyen Albert Boyame : « Fragiliser la capitale par des actions sans lendemain, c'est faire le jeu de ceux qui veulent diviser la RDC »

Guyvenant Misenge

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »