Burundi–Rwanda : Évariste Ndayishimiye accuse Paul Kagame de « malhonnêteté »
Les relations entre le Burundi et le Rwanda restent marquées par de fortes tensions. Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a publiquement mis en cause son homologue rwandais, Paul Kagame, qu’il a qualifié de « malhonnête » lors d’un entretien accordé à France 24 en marge de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies à New York.
Au cours de cet entretien, le chef de l’État burundais a également déclaré que la menace d’une éventuelle attaque rwandaise contre le Burundi « existe encore ». Il a notamment affirmé que certaines autorités rwandaises ne seraient pas, selon lui, transparentes sur leurs intentions dans la région des Grands Lacs.
Évariste Ndayishimiye a particulièrement évoqué la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, estimant que les justifications avancées par Kigali pour son implication dans cette zone cacheraient, selon lui, « un autre agenda ». Ces déclarations interviennent alors que la mise en œuvre des engagements de désengagement militaire dans l’est de la RDC demeure au centre des discussions régionales.
Le désengagement des forces rwandaises au cœur des préoccupations
Le président burundais a appelé Kigali à concrétiser ses engagements en faveur du désengagement de ses forces du territoire congolais. Pour lui, la séparation effective des forces présentes sur le terrain constitue une étape préalable à la consolidation d’un cessez-le-feu durable.
« Si réellement on voudrait la paix au Congo, le Rwanda devrait se montrer positif par rapport au désengagement », a déclaré Évariste Ndayishimiye, selon l’Agence congolaise de presse.
Cette position intervient dans un contexte diplomatique où plusieurs initiatives cherchent à obtenir une cessation durable des hostilités dans l’est de la RDC.
Ndayishimiye privilégie toutefois le dialogue
Malgré la virulence de ses critiques à l’égard de Kigali, le président burundais a indiqué privilégier la voie du dialogue plutôt que l’imposition de sanctions contre le Rwanda. Il a également appelé à des solutions africaines aux crises du continent lors de son intervention à la tribune de l’ONU.
Les déclarations d’Évariste Ndayishimiye illustrent ainsi la persistance des divergences entre Bujumbura et Kigali, alors que la crise sécuritaire dans l’est de la RDC continue de peser sur les relations entre les différents États de la région des Grands Lacs.
Jules Karima
