Kinshasa : les supermarchés SK sous scellés, la DGI durcit le ton contre les irrégularités fiscales
La fermeture de plusieurs points de vente de l’enseigne SK à Kinshasa suscite des interrogations dans l’opinion publique. Cette opération, menée dans le cadre du contrôle du respect des obligations fiscales, remet au centre du débat la question de la conformité des grandes surfaces commerciales à la réglementation en vigueur en République démocratique du Congo.
Les supermarchés SK sont dans le viseur de l’administration fiscale congolaise. Plusieurs établissements de cette enseigne ont été frappés par des mesures de fermeture administrative dans la ville de Kinshasa, à la suite des opérations de contrôle menées par la Direction générale des impôts (DGI).
Parmi les établissements concernés figure notamment une branche située dans la commune de Lingwala, sur l’avenue de la Libération, dont le scellage a été rapporté le 30 octobre 2026. La mesure serait liée au non-respect des exigences relatives à l’utilisation de la facture normalisée.
La situation a connu une nouvelle évolution ce lundi 2 novembre 2026, avec le scellage du point de vente SK situé dans la commune de Ngaliema, au quartier Pigeon, sur le site de l’ancien Peloustore. Selon des informations relayées par la presse locale, d’autres succursales, notamment celles de Gombe et de l’UPN, seraient également concernées par cette opération.
La facture normalisée au cœur du dossier
Au centre de cette affaire se trouve la question de la facturation normalisée, un mécanisme mis en place par le gouvernement congolais à travers la DGI pour renforcer la transparence des opérations commerciales, lutter contre la fraude fiscale et améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Ce dispositif vise notamment à assurer une meilleure traçabilité des transactions entre les opérateurs économiques et leurs clients. Il permet également à l’administration fiscale de disposer d’informations fiables sur les opérations réalisées par les entreprises assujetties.
À travers ces contrôles, la DGI entend rappeler aux opérateurs économiques que le respect des obligations fiscales constitue une exigence légale, indépendamment de la taille ou de l’influence commerciale de leurs entreprises.
Quelles conséquences pour les consommateurs et les travailleurs ?
La fermeture de plusieurs points de vente d’une même enseigne pourrait avoir des répercussions sur les activités commerciales, les travailleurs ainsi que les consommateurs qui fréquentent régulièrement ces établissements pour leurs achats quotidiens.
Pour les employés, une fermeture administrative prolongée pourrait entraîner des perturbations dans l’organisation du travail et soulever des inquiétudes quant à la continuité de leurs activités professionnelles.
Du côté des consommateurs, cette situation pourrait également provoquer des difficultés d’approvisionnement, particulièrement pour ceux qui ont l’habitude de faire leurs achats dans les différentes succursales de SK.
La direction de SK attendue sur les explications
Alors que les informations relatives au scellage de plusieurs établissements circulent à Kinshasa, des éclaircissements de la direction de SK seraient nécessaires pour informer l’opinion publique sur les circonstances de cette situation, les démarches entreprises auprès de l’administration fiscale et les perspectives de réouverture des différents points de vente.
Il serait également important que la DGI apporte des précisions sur l’étendue des mesures prises, les irrégularités officiellement constatées et les conditions à remplir pour permettre une éventuelle reprise des activités.
Au-delà du cas SK, cette affaire pose une question fondamentale : les grandes entreprises commerciales opérant en RDC respectent-elles toutes les exigences fiscales auxquelles elles sont soumises ?
En attendant des communications officielles plus détaillées, cette opération constitue un signal adressé à l’ensemble des opérateurs économiques : aucune entreprise ne devrait être dispensée du respect des lois fiscales en vigueur en République démocratique du Congo.
Christian Mutombo
