Cobalt et traces d’uranium : sous pression internationale, Kinshasa contre-attaque et annonce un audit d’urgence

6 Août 2026 - 23:24
6 Août 2026 - 23:27
 0
Cobalt et traces d’uranium : sous pression internationale, Kinshasa contre-attaque et annonce un audit d’urgence

Face à la tempête médiatique et scientifique autour de la pureté de son cobalt, la République Démocratique du Congo hausse le ton. Pointé du doigt à la suite d'une étude publiée le 30 juillet dans la revue Nature Communications et relayée par plusieurs médias internationaux, le gouvernement congolais est sorti de son silence pour rejeter les soupçons de retombées nucléaires et défendre l'intégrité de ses exportations minières. 

Dans une mise au point ferme, Kinshasa dénonce les conclusions d'un rapport fondé sur de simples modélisations théoriques plutôt que sur des prélèvements directs réalisés sur les cargaisons expédiées.

Tout en contestant le caractère alarmiste des publications, le pouvoir congolais s'emploie à rassurer les marchés mondiaux et les instances internationales. Le gouvernement rappelle que la présence de traces d'uranium dans les gisements du Lualaba et du Haut-Katanga est un phénomène géologique naturel connu des scientifiques depuis plus d'un siècle.

Ces occurrences minérales ne constituent en rien une anomalie, une démarche intentionnelle ou une infraction aux engagements internationaux de non-prolifération. S'appuyant sur les standards de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA), Kinshasa souligne par ailleurs que des traces d'uranium non extraites spécifiquement ne sauraient être classées comme matières nucléaires.

Afin de couper court aux spéculations et de sécuriser la chaîne d'approvisionnement de ce minerai hautement stratégique pour la transition énergétique, la RDC déploie un plan de riposte immédiat. Une campagne de vérification analytique contradictoire va être menée sur des échantillons représentatifs d'hydroxyde de cobalt par les organismes nationaux spécialisés, dont le Centre d'Évaluation, d'Expertise et de Certification (CEEC) et le Commissariat Général à l'Énergie Atomique (CGEA).

En parallèle, un groupe de travail interministériel dispose d'un délai rigoureux de 60 jours pour faire la lumière sur la situation, mesurer les impacts sanitaires et environnementaux potentiels, et soumettre un plan d'action.

En sollicitant également l'appui technique et le regard extérieur de l'AIEA, le gouvernement congolais entend faire prévaloir la transparence absolue en promettant de rendre publiques les conclusions de ses enquêtes. En réaffirmant sa souveraineté sur ses ressources naturelles, la RDC lance un signal clair aux acteurs industriels mondiaux : le cobalt congolais restera sur le marché, mais sous un contrôle renforcé garantissant le respect des normes éthiques, environnementales et sécuritaires internationales.

Guy Mafuta

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »