Avis de tempête sur la riposte contre Ebola à Beni : les prestataires en grève pour réclamer plusieurs mois de primes
Les activités de lutte contre la maladie à virus Ebola ont brutalement tourné au ralenti ce lundi 21 septembre à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Excédés par le non-paiement de leurs gratifications, les agents chargés de la communication, de la prise en charge psychosociale ainsi que les relais communautaires ont officiellement débrayé pour réclamer le versement intégral de leurs arriérés.
Le rassemblement a débuté dans la matinée devant le Bureau de coordination de la Zone de santé de Beni, où les grévistes ont allumé un feu et brandi des calicots exprimant leur colère.
La exaspération est au plus haut chez ces professionnels de santé qui affirment cumuler entre trois et quatre mois de primes impayées. Malgré la précarité de leurs conditions de travail, ces équipes poursuivent chaque jour des missions cruciales sur le terrain, allant de la sensibilisation des ménages à l'accompagnement psychosocial des familles affectées.
« L’argent ne manque pas, c’est seulement la mauvaise volonté de ceux qui doivent nous payer », a dénoncé sous couvert d’anonymat l’un des manifestants. Les grévistes soulignent avoir pourtant alerté leur hiérarchie plusieurs jours avant d'engager ce mouvement, sans obtenir la moindre réponse concrète.
Ce débrayage fragilise considérablement le dispositif de riposte sanitaire, paralysant une part essentielle de la communication sur les risques et du travail d'engagement communautaire face au virus. Cette rupture sur le terrain fait craindre une dégradation rapide du suivi épidémiologique dans la région. Jusqu'à présent, la direction de la Zone de santé de Beni ne s'est pas encore exprimée officiellement sur les revendications de ses agents.
Juvenal Bulemo
