RDC : Le député Antoine Bushabu interpelle la Justice sur la perte des parts de l'État dans la société PHC SA
Le député national Antoine Bushabu Bope a saisi jeudi le ministre d’État en charge de la Justice d’une question orale avec débat concernant la perte présumée des parts de l’État congolais dans la société Plantations et Huileries du Congo (PHC SA). L'élu du peuple exige des éclaircissements sur la disparition de 66.733 actions de catégorie B, représentant 23,83% du capital social de cette entreprise publique. Ce désengagement de l'État aurait été acté lors d'une Assemblée générale extraordinaire le 11 août 2025.
Au cœur de cette affaire se trouve une procuration spéciale signée par Jean Lucien Bussa Tongbia. Selon le parlementaire, l'ancien ministre du Portefeuille aurait paraphé ce document alors qu'il venait d'être permuté à l'Aménagement du territoire suite à un remaniement gouvernemental. Cet acte, posé plusieurs jours après son départ du ministère de tutelle, violerait l'article 6 alinéa 4 de l'ordonnance n°24/88 du 11 novembre 2024, laquelle interdit formellement l'exécution d'actes de disposition durant les périodes de transition ministérielle.
Dénonçant une fraude et une irrégularité flagrantes, Antoine Bushabu Bope rappelle que la Première ministre avait déjà instruit le ministre de la Justice, le 11 avril 2026, d'engager un audit juridique et financier ainsi que des mesures conservatoires. À travers sa démarche, le député transmet quatre questions cruciales au banc du gouvernement : une enquête a-t-elle été ouverte ? Quelles mesures protègent aujourd'hui les intérêts étatiques ? L'État a-t-il été informé en amont de cette cession ? Enfin, sur le plan légal, cet acte relève-t-il de la gestion courante ou d'une disposition illégale ?
Guyvenant Misenge
