« Réformer l’État, ce n’est pas partager avec l’agresseur la responsabilité des crimes commis contre notre peuple » : Félix Tshisekedi dresse un diagnostic sans complaisance avant le grand forum national
Le président de la République tire le bilan de 30 ans de crises à l'Est de la RDC et fixe le cap : réformer l'État et consolider les institutions par un dialogue national ascendant, sans impunité ni partage de pouvoir avec l'agresseur.
Le président de la République a livré un plaidoyer empreint de sévérité et de lucidité sur l'histoire politique récente de la République démocratique du Congo pour justifier la nécessité d'une rupture méthodologique.
Déplorant plus de trois décennies de violences meurtrières, de pillages et d'affaiblissement de l'autorité de l'État dans l'Est du pays, le chef de l'État a questionné la récurrence des crises malgré une multitude d'accords historiques, de la Conférence nationale souveraine aux négociations de Sun City.
Selon lui, les échecs passés s'expliquent par une erreur fondamentale : avoir privilégié le simple partage du pouvoir entre élites politiques au détriment de la véritable consolidation des institutions, tout en négligeant l'obligation de résultats, le sort des victimes et le traitement des causes profondes de l'insécurité.
Face à ce constat, la présidence entend rompre avec les arrangements de façade et rappelle fermement que la recherche de solutions internes ne saurait cautionner l'agression extérieure subie par le pays, officiellement documentée par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Alors que la diplomatie exige le retrait inconditionnel des forces étrangères occupant le territoire national, la tenue de ce futur dialogue s'annonce cruciale pour l'avenir politique du pays.
La particularité de ce forum réside dans sa démarche profondément ascendante, qui partira des attentes exprimées directement dans les territoires et provinces avant d'atteindre Kinshasa, afin d'éviter les compromis négociés en vase clos.
Une approche que l'opposition attend désormais au tournant, exigeant des garanties concrètes sur la neutralité des préparatifs, l'inclusivité réelle de la classe politique et le respect strict du calendrier constitutionnel.
JN Kabriel MK
