Cantine : Dialogue sans tabou pour sceller le « mariage civilo-militaire » après les tensions
Dans un climat encore marqué par l'émotion, le quartier Auberge a vibré ce vendredi 13 mars 2026 au rythme d'une séance de sensibilisation capitale. Cette rencontre fait suite au traumatisme causé par l'assassinat, dans la nuit du 4 au 5 mars dernier, d'un jeune homme non identifié, présumé bandit.
Face au risque de rupture de confiance entre les citoyens et ceux censés les protéger, les autorités et la société civile ont choisi la voie de la parole directe.
Déjà mobilisés le 6 mars dans les villages de Baswagha Lubena, les acteurs politico-administratifs, les services de sécurité et les forces vives sont revenus à la charge dans le quartier Auberge.
L'objectif est clair : restaurer la cohésion sociale et la cohabitation pacifique. Dans cette zone du Groupement Baswagha Madiwe, souvent vulnérable aux frictions, le renforcement de la collaboration entre les forces de l'ordre et les civils est désormais érigé en priorité absolue pour garantir une paix durable.
Au cœur des échanges, Tchetche Aliamini, président de la société civile de Baswagha Lubena, a martelé l'importance du concept de « mariage civilo-militaire ». Pour ce leader d'opinion, l'unité est l'unique arme capable de remporter les batailles sécuritaires de la région. Il a vigoureusement appelé à une lutte acharnée contre les fléaux qui empoisonnent les relations locales : la désinformation, la malinformation et les discours de haine, qui ne font qu'exacerber les tensions inutiles.
Le président des forces vives a plaidé pour une culture de la courtoisie mutuelle. Il a exhorté les agents des services de sécurité à se comporter en véritables gardiens de la communauté, et non comme des éléments extérieurs à celle-ci. Ce dialogue sans tabou, soutenu par la population, marque une étape décisive vers une gestion participative de la sécurité à Cantine, où chaque citoyen devient un acteur du retour à la normale.
Juvenal Bulemo
