Match nul RDC vs Portugal : Pourquoi le Rwanda n’a-t-il pas salué la prestation héroïque des Léopards ?
Alors que la prestation héroïque de la RDC lors de sa première journée de la Coupe du monde, 52 ans après leur dernière participation, a suscité de vives réactions non seulement à travers le pays mais aussi et surtout à travers les nations africaines, notamment la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Gabon, le Congo-Brazzaville et tant d’autres, on note avec questionnement le silence cuisant du Rwanda.
Ce mutisme officiel, loin d'être un simple oubli logistique, résonne pour beaucoup comme le prolongement direct des tensions politiques que Kigali entretient dans la région, transformant un moment de communion sportive continentale en un nouvel affront diplomatique.
Oui, devant le Portugal de Cristiano Ronaldo, les Léopards ont fait preuve d’un caractère inattendu. Alors que plusieurs observateurs sceptiques en doutaient, les hommes de Sébastien Desabre ont magistralement contenu les talents portugais, arrachant un nul historique (1-1) aux parfums de victoire grâce à un but mémorable de Yoane Wissa. Partout sur le continent, l'enthousiasme est total. En Côte d'Ivoire, l'ancien international Didier Drogba s’est enflammé sur les réseaux sociaux :
« Quelle leçon de courage et de discipline tactique de la part de nos frères congolais ! Bloquer le Portugal de CR7 pour un retour historique après 52 ans, c'est l'Afrique qui gagne. Respect aux Léopards ! »
Au Cameroun, un éditorialiste sportif réputé a renchéri : _« Les Congolais ont joué avec le cœur de tout un continent. C'est une prestation héroïque qui honore le football africain. »_ Mais pendant que l’Afrique vibrait à l’unisson pour saluer cet exploit, le régime rwandais a choisi de se murer dans un silence de plomb, illustrant une fois de plus son incapacité notoire à se réjouir des succès de son grand voisin de l'Ouest.
Avec la présence du président Félix Tshisekedi au Stadium de Houston, quoi de plus normal pour pousser les fauves à chercher à se distinguer sur la pelouse face à l’un des favoris de la Coupe du monde. Cette ferveur patriotique au sommet de l'État congolais semble pourtant avoir crispé les autorités de Kigali. En refusant de s'associer aux félicitations de la communauté internationale, le Rwanda trahit une jalousie mal dissimulée face au rayonnement soudain de la RDC sur la plus prestigieuse des scènes sportives mondiales.
Une attitude sévèrement critiquée par des observateurs panafricains, à l'image de ce politologue sénégalais basé à Paris :
« Le sport devrait être un terrain de trêve et de fraternité. En feignant d'ignorer cet exploit monumental, les dirigeants rwandais s'abaissent à une mesquinerie politique qui frise le ridicule. C'est un manque d'élégance flagrant qui montre que la rancœur l'emporte chez eux sur la décence. »
Le Rwanda lui, n’a pas félicité, ni salué cette performance. Pour de nombreux analystes de la sous-région, ce boycott médiatique s'inscrit dans la stratégie habituelle d'isolement et de dénigrement systématique menée par Kigali à l'encontre de Kinshasa.
Ne pas reconnaître la bravoure des Léopards sur le terrain, c'est tenter maladroitement de minimiser la résilience et la dignité d'un peuple congolais qui, malgré les agressions et les crises répétées souvent téléguidées depuis l'extérieur, prouve qu'il sait briller et se tenir debout.
Ce manque d'élégance de la part du gouvernement rwandais tranche radicalement avec l'esprit de fraternité et de panafricanisme qui caractérise le football. En se tenant volontairement en marge de la liesse africaine, le pouvoir de Kigali s'isole de lui-même et démontre que ses ressentiments politiques l'emportent sur le fair-play et le respect mutuel entre nations sœurs.
Un silence mesquin qui, ironiquement, ne fait que mettre en lumière la grandeur de la performance congolaise.
En fin de compte, l'indifférence feinte du Rwanda n'aura en rien gâché la fête à Kinshasa ni à Houston. Les Léopards ont envoyé un signal fort au monde entier, prouvant que la RDC est de retour au premier plan. Quant au silence de Kigali, il restera dans les annales comme le symbole d'une diplomatie du ressentiment, incapable de s'élever au-dessus des clivages, même pour la beauté du sport.
Guyvenant Misenge
