Newyork : James Swan mise sur les mécanismes locaux pour bâtir la paix en Ituri et au Nord-Kivu
James Swan, le chef de la MONUSCO en République démocratique du Congo a, devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, tenu le 26 juin sur la Situation de la RDC dressé un constat alarmant sur la situation sécuritaire dans l’est du pays. Depuis le 19 mars, la Mission a documenté 632 civils tués dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, victimes des affrontements armés.
D’après le Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, l’accès humanitaire y demeure fortement entravé, malgré les efforts déployés pour protéger les populations et faciliter l’acheminement de l’aide.
Dans le même temps, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a recensé 1 221 violations et atteintes aux droits humains à travers le pays. Ces abus, incluant des violences sexuelles liées aux conflits, ont touché 2 968 personnes, parmi lesquelles 392 femmes et 378 enfants.
Les auteurs identifiés sont aussi bien des groupes armés que des membres des forces de défense et de sécurité. Malgré une crise de liquidités qui affecte les opérations de maintien de la paix de l’ONU, la MONUSCO affirme rester pleinement engagée dans l’exécution de son mandat.
La Mission a intensifié ses patrouilles et déployé des bases opérationnelles mobiles dans les zones ciblées par les attaques des ADF et autour des sites de déplacés.
Depuis le 19 mars, elle a mené 2 101 patrouilles conjointes avec les FARDC. Sa Police a, de son côté, effectué 497 patrouilles, dont 81 en collaboration avec la Police nationale congolaise.
Ce bilan illustre la persistance des violences dans l’est de la RDC et les défis majeurs auxquels la Mission onusienne est confrontée pour protéger les civils et soutenir l’action humanitaire.
Le chef de la MONUSCO a rappelé que la Mission soutient également les mécanismes locaux et provinciaux de paix, notamment en Ituri, où des avancées ont été enregistrées dans la mise en œuvre de la feuille de route pour le dialogue entre groupes armés à Aru.
La Mission appuie en parallèle les efforts de réforme du secteur de la sécurité menés par le gouvernement congolais. Une Commission nationale de suivi a été créée et la première politique nationale de sécurité est en cours de finalisation sous la conduite de la Présidence.
La MONUSCO poursuit aussi son soutien aux programmes de désarmement, démobilisation et réintégration. Entre mars et juin, elle a facilité, en collaboration avec les autorités nationales et régionales, le rapatriement vers le Rwanda de 156 ex-combattants rwandais et de 163 personnes à leur charge affiliées aux FDLR et à d’autres groupes armés étrangers.
Depuis sa prise de fonctions, le chef de la Mission a multiplié les échanges avec les autorités nationales et provinciales, la société civile, les femmes, les jeunes, les acteurs politiques, les partenaires humanitaires et les représentants des communautés, notamment à Kinshasa, en Ituri et au Nord-Kivu.
À Goma, James Swan rencontré des représentants de l’AFC/M23 dans le cadre de la mise en œuvre du mandat de la MONUSCO dans les zones sous leur contrôle.
En dehors de la RDC, il s’est entretenu, aux côtés de l’Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, avec l’équipe de médiation de l’Union africaine conduite par le président togolais Faure Gnassingbé, ainsi qu’avec le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf.
James a également rencontré le président angolais João Lourenço, Champion de l’Union africaine pour la paix et la réconciliation en Afrique. Ces échanges illustrent la coopération étroite entre l’Union africaine et les Nations Unies, et l’engagement de la MONUSCO à soutenir les efforts de médiation régionale.
Au cours de ces rencontres, le chef de la Mission a réaffirmé la volonté de la MONUSCO de mettre pleinement en œuvre son mandat, en particulier les priorités fixées par le Conseil de sécurité.
James Swan a encouragé les acteurs congolais à parvenir à un consensus sur les modalités du dialogue national proposé et à préserver l’espace civique ainsi que les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de réunion, afin de garantir un climat pacifique et sécurisé pour l’ensemble des parties prenantes.
Gustave Mawete, stagiaire
