RDC : À Rome, la position du C64 sur la lutte armée relance le débat autour de Joseph Kabila
Politique – Réunis à Rome, en Italie, les opposants congolais de la Coalition Article 64 (C64) ont proposé de rencontrer séparément le président Félix-Antoine Tshisekedi et l'ancien chef de l'État Joseph Kabila, dans le but de favoriser l'organisation d'un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo. Leur position sur la conquête du pouvoir par les armes suscite toutefois des interrogations sur la responsabilité politique des acteurs congolais face à la crise sécuritaire.
La Coalition Article 64, qui regroupe cinq figures de l'opposition congolaise, a annoncé, mardi, son intention d'engager des consultations distinctes avec les deux personnalités. Cette démarche vise à ouvrir la voie à des échanges politiques susceptibles de contribuer à la recherche d'une question à la crise qui traverse le pays.
Dans leur déclaration, les membres du C64 affirment condamner aussi bien le maintien au pouvoir par le contournement de la Constitution que la conquête du pouvoir par les armes. Ils défendent ainsi le principe du respect de l'ordre constitutionnel et rejettent, dans leur formulation, les deux voies qu'ils semblent comme contraires à une résolution politique de la crise.
Cependant, cette prise de position soulève une question centrale : quelle attitude les responsables politiques congolais doivent-ils adopter face aux acteurs impliqués dans la lutte, alors que l'Est de la RDC reste marqué par des affrontements et une grave crise sécuritaire ?
La position attribuée aux opposants du C64, ainsi que les déclarations du cardinal Fridolin Ambongo évoquant la nécessité d'un dialogue inclusif pour parvenir à la paix, alimentent le débat sur les conditions d'une sortie de crise. Le prélat catholique a notamment insisté sur les limites de la seule réponse militaire, estimant qu'un processus politique inclusif est indispensable pour parvenir à une paix durable.
Néanmoins, la nécessité du dialogue ne dispense pas les acteurs politiques de clarifier leurs positions sur le recours aux armes, le respect de la Constitution et les responsabilités liées à la crise sécuritaire. La recherche d'une solution négociée demeure un enjeu majeur, mais elle soulève également des questions sur les garanties à apporter aux victimes des violences et sur le respect des principes démocratiques.
En proposant de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, le C64 entend contribuer à une dynamique de concertation politique. Reste à savoir si cette initiative pourra déboucher sur des avancées concrètes et sur un dialogue capable de concilier la recherche de la paix, le respect de l'ordre constitutionnel et la responsabilité des différents protagonistes.
Jean Hilaire
