RDC – Tshopo : Gestion des fonds routiers, la NDSCI saisit le Procureur général près la Cour de cassation
La Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI/Tshopo) passe à l'offensive judiciaire. L'organisation a déposé une plainte formelle auprès du Procureur général près la Cour de cassation pour exiger une enquête approfondie sur la gestion des fonds destinés à la réhabilitation des axes stratégiques Kisangani–Opala et Kisangani–Ubundu.
Dans une correspondance datée du 21 septembre 2026, la structure citoyenne demande à la justice de vérifier les décaissements effectifs, la régularité des marchés publics attribués et la réalité physique des travaux exécutés sur le terrain.
Au cœur du dossier figurent de fortes divergences sur les montants mobilisés. Pour la route Kisangani–Ubundu (128 km), la NDSCI pointe l'utilisation de 1,8 million de dollars américains versés par Kinshasa, combinés aux contributions d'appoint des provinces du Maniema (600 000 USD) et du Nord-Kivu (380 000 USD).
De son côté, le gouvernorat provincial avance un contrat global attribué à l'entreprise Kim Construction SARL pour près de 4,95 millions de dollars, soutenu par une avance de démarrage de 30 %. Quant à l'axe Kisangani–Opala–Otala (309 km), la controverse porte sur une enveloppe initiale de 3,67 millions de dollars, correspondant à 30 % d'un marché total évalué à plus de 12,2 millions de dollars par l'exécutif.
Face à ces accusations, le gouvernement provincial rejette catégoriquement tout détournement de deniers publics. Par l'entremise de son porte-parole, Me Michel Biambe/Lumumba, l'exécutif de la Tshopo précise que les fonds du Trésor central ne transitent pas par les comptes provinciaux, mais sont directement payés par le pouvoir central aux entreprises adjudicataires.
L'affaire avait pourtant déjà suscité de vive tension au sein de l'Assemblée provinciale, qui avait envisagé l'envoi d'une commission d'enquête dès le mois de juin 2026. Portée par son premier vice-président Gentil Sefu Byamungu, la démarche de la NDSCI vise à sortir du bras de fer politique pour obtenir une expertise comptable et technique.
L'enjeu est vital pour la province : la dégradation prolongée de l'axe Kisangani–Opala paralyse l'évacuation des produits agricoles vers le chef-lieu, tandis que la détérioration de la route Kisangani–Ubundu asphyxie le ravitaillement des populations locales.
Seule l'ouverture d'une instruction judiciaire permettra désormais de déterminer la destination exacte des fonds décaissés et d'établir les responsabilités.
Matthieu KINGANDA
