Riposte contre Ebola en RDC : Après trois mois, Samuel Roger Kamba fait le point
Ce mardi 18 août 2026, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a animé un briefing de presse consacré à la riposte contre la maladie à virus Ebola. Au cours de cette communication, il a dressé un état des lieux exhaustif de l'épidémie, détaillant la propagation du virus, les statistiques actualisées ainsi que les stratégies thérapeutiques et vaccinales déployées sur le terrain.
Abordant la question de la propagation du virus, le ministre a insisté sur la politique de transparence totale adoptée par le ministère, résumée par le principe : « un cas égale une épidémie ».
« Nous avons décidé au niveau du ministère de la Santé la transparence la plus totale en disant un cas égale une épidémie, et nous avons dit une zone touchée par un seul cas devient une zone épidémique. »
Le pays compte 55 zones de santé touchées, ce qui représente environ 30% des zones de santé des cinq provinces impliquées.
En analysant la géographie de manière plus proche (au niveau des aires de santé, représentant chacune environ 10 000 personnes), le ministre a indiqué que l'on se situe à 8% des aires de santé touchées.
L'essentiel de l'épidémie reste fortement concentré dans l' Ituri, qui concentre 85 à 90% des cas au bout de trois mois, suivi de la Tshopo, du Haut-Uélé et du Bas-Uélé.
En dressant le résumé chiffré de la situation épidémiologique actuelle, les données communiquées s'établissent comme suit :
- Cas confirmés : autour de 5 000 cas
- Décès : environ 2 370 décès
- Taux de suivi des contacts : en voisine de 82%
Interrogé sur les raisons pour lesquelles la plupart des cas continuent d'être recensés au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement, le ministre a pointé du doigt la nature des symptômes.
« La raison, c'est d'abord les symptômes du virus. Les personnes restent avec des symptômes le plus longtemps possible avant de pouvoir se rendre dans un centre de santé. »
Il a rappelé qu'un patient décédé en Ituri présentait des signes hémorragiques dès le troisième jour, alors que ces signes marquent la phase finale. L'errance des malades — caractérisée par de la fièvre, des maux de tête, des douleurs abdominales et des troubles digestifs (diarrhées, vomissements) avant l'admission — favorise la contamination communautaire.
Le ministre a fait le point sur les molécules utilisées dans le cadre de la riposte, notamment le Remdésivir et l' Endécanivir, tout en faisant la distinction entre les essais cliniques (recherche) et les traitements compassionnels.
« Nous essayons, nous faisons de la recherche, on appelle ça les essais cliniques. La deuxième, c'est que nous faisons ce qu'on appelle un traitement compassionnel. On se dit : ok, on sait que ces médicaments fonctionnent pour les autres virus [...], nous donnons vraiment du Remdésivir à ces malades-là de manière compassionnelle. »
- Concernant les essais cliniques en cours pour les traitements, le premier essai se compose de trois branches :
- Les malades sous Remdésivir ;
- Les malades sous anticorps monoclonal (mAb114) ;
- Les malades combinant les deux médicaments.
Revenant sur l'utilisation des vaccins, le ministre a rappelé l'utilisation du vaccin contre Ebola Zaire, qui avait démontré son efficacité lors de l'épidémie de 2018 avec plus de 265 000 personnes vaccinées.
« Nous avions déjà anticipé en disant on va faire l'étude sur les médicaments que nous connaissons pour voir s'ils sont efficaces. [...] Les personnes qui étaient vaccinées contre Zaire à l'époque et qui travaillaient à Bunia dans cette épidémie actuelle, ou ne sont pas tombés malades, ou ont fait une maladie légère. »
Face aux observations sur le terrain et aux données biologiques montrant le développement d'anticorps chez les personnes exposées ayant reçu ce vaccin, le ministère a pris la décision d'élargir son administration à la fois dans le cadre de la recherche et de manière compassionnelle pour le personnel de santé et les contacts à haut risque.
Guyvenant Misenge
