Santé publique : Joseph Kanku plaide pour l’intégration obligatoire de services de psychologie en RDC
Le récent incident de violences physiques et psychologiques alléguées à l’hôpital de Kinkole, lors de l’accouchement d’une parturiente, a relancé le débat sur la qualité de l’accueil en milieu hospitalier. En marge de l’instruction du procès visant le personnel soignant mis en cause, le psychologue Joseph Kanku a formulé des propositions visant à prévenir la répétition de tels incidents. L’expert préconise des réformes structurelles pour garantir l’humanisation des soins.
Pointant ce qu'il qualifie de "vide juridique", Joseph Kanku appelle officiellement à l’élaboration d’une loi organique. Celle-ci viserait à rendre obligatoire la création de services de psychologie au sein de toutes les structures sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC).
Pour ce spécialiste du développement humain, le constat est sans appel : la relation d'aide, pilier de la guérison, serait gravement défaillante dans le secteur public. Selon lui, l’absence de spécialistes du comportement favorise une rupture de confiance entre le personnel soignant et les patients. Il estime que sans empathie ni sentiment de sécurité, la prise en charge médicale perd de son efficacité, laissant place à des interactions parfois brutales.
L’enjeu est présenté comme particulièrement critique pour les primipares (femmes accouchant pour la première fois). Joseph Kanku souligne l’urgence d’un accompagnement psychologique systématique pour préparer ces mères à ce changement de vie. Si certaines structures privées intègrent déjà ces méthodes, le secteur public accuserait, selon l'expert, un retard préoccupant capable de transformer un acte médical en traumatisme durable.
À l’argument selon lequel le médecin pourrait endosser le rôle de psychologue, l’expert oppose la rigueur de l’éthique professionnelle. Il rappelle que chaque acteur de santé doit se limiter à son champ de compétences. Pour lui, le psychologue hospitalier a également pour mission d'inculquer au personnel soignant les bonnes pratiques en matière de gestion des émotions et de communication claire.
En plaidant pour ce cadre législatif, Joseph Kanku pose les jalons d’une réforme du système de santé congolais. Au-delà de l'affaire de Kinkole, son plaidoyer vise à sanctuariser la dignité du malade par une présence psychologique permanente. Une telle loi marquerait, selon ses propos, une étape vers une couverture santé réellement universelle, intégrant pleinement le bien-être mental.
Misenge Guyvenant
