Nord-Kivu : cinq ans d’état de siège, la Société Civile dénonce un échec sécuritaire
La Coordination provinciale de la Société Civile du Congo (SOCICO) Nord-Kivu a dressé, ce mercredi 6 mai 2026 à Beni, un bilan critique des cinq années d’état de siège instauré au Nord-Kivu et en Ituri.
Selon son coordinateur provincial, Amani Kasiki Étienne, cette mesure exceptionnelle n’a pas atteint ses objectifs. Sur le plan sécuritaire, la situation reste préoccupante : le banditisme urbain persiste, une partie du Nord-Kivu demeure sous contrôle du M23, tandis que les attaques des ADF continuent de décimer la population civile.
La SOCICO estime que l’état de siège n’a pas produit les résultats escomptés et plaide pour sa levée. Elle recommande de confier la gestion des provinces à de nouveaux animateurs civils, capables de mettre en œuvre des approches alternatives plus adaptées aux défis sécuritaires actuels.
Dans le Nord-Kivu, le « petit nord » reste marqué par la présence du M23, tandis que le « grand nord » demeure sous la menace des ADF, auteurs de massacres et d’exactions. En Ituri, la situation est tout aussi alarmante : les groupes armés se multiplient, les ADF étendent leur influence et imposent des taxes illégales, accompagnées de kidnappings.
Pour la société civile, ces réalités traduisent l’échec de l’état de siège à ramener la paix et la sécurité dans ces provinces meurtries.
Juvenal Bulemo
