RDC : La régulation de la sous-traitance à l’épreuve du défi sécuritaire dans l’Est
En République démocratique du Congo, la politique de régulation de la sous-traitance, portée par l'ARSP, se heurte de plein fouet à l'instabilité sécuritaire dans l'Est du pays. Le Directeur général Miguel Kashal a révélé que ces tensions ont un impact direct sur les performances économiques nationales.
Ce contexte explique notamment le repli du chiffre d'affaires du secteur, passé de 2,4 milliards de dollars en 2024 à 1,7 milliard en 2025, soulignant la corrélation étroite entre la paix et la prospérité des entreprises locales.
Malgré ces vents contraires, l'ARSP maintient le cap sur la promesse présidentielle de création de 6 à 8 millions d’emplois. Pour garantir la fiabilité de cet objectif, l’Autorité mise désormais sur une collaboration accrue avec l’ONEM et les fédérations du secteur privé. L'enjeu est de passer des simples "intentions d'embauche" déclarées lors des appels d'offres à des statistiques réelles et traçables.
Cette transparence est jugée cruciale pour vérifier l'intégration effective des Congolais dans la chaîne de valeur, au-delà des effets d'annonce.
L'assainissement du secteur passe également par un contrôle rigoureux de l'éligibilité des entreprises. Miguel Kashal a rappelé que la loi est stricte : la sous-traitance est réservée aux sociétés à capitaux majoritairement congolais (51%).
Les récentes missions de contrôle, notamment dans le Kongo Central, Haut-Uèle et au Grand Katanga, ont permis de débusquer des sociétés illégitimes qui opéraient dans l'ombre des ports et des sites industriels. L’objectif est clair : mettre fin au système de "prête-nom" pour que les bénéfices économiques restent réellement sur le sol congolais.
La direction de l’ARSP a réitéré sa fermeté face aux sociétés minières qui tentent de monopoliser des activités secondaires. L'interdiction faite à ces géants de commercialiser eux-mêmes des intrants comme la chaux, le charbon ou l'acide sulfurique est maintenue.
Pour l'Autorité, ces marchés constituent le cœur de métier des sous-traitants locaux. En protégeant ces segments, l'État s'assure que la richesse générée par les matières premières irrigue l'ensemble de l'économie nationale à travers une véritable classe moyenne d'entrepreneurs.
Misenge
