Sommet Russie-Afrique : Évariste Ndayishimiye plaide pour une participation africaine à toute la chaîne de valeur
Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a plaidé pour une transformation locale des matières premières africaines et une participation accrue des pays du continent à l'ensemble de la chaîne de valeur. Il s'est exprimé lors du Sommet Russie-Afrique, en dénonçant un modèle économique qui contraint les États africains à exporter leurs ressources naturelles avant d'importer, à des coûts élevés, les produits finis issus de leur transformation.
« Nous ne voulons pas être condamnés à exporter nos matières premières pour importer ensuite les produits finis qui en résultent à grands frais. Nous voulons participer à l'ensemble de la chaîne de valeur », a déclaré le chef de l'État burundais.
À travers cette prise de position, Évariste Ndayishimiye a mis en lumière l'un des défis majeurs du développement économique africain : la faible transformation industrielle des ressources naturelles sur le continent. Malgré l'abondance de minéraux, de produits agricoles et d'autres richesses naturelles, de nombreux pays africains continuent d'exporter leurs matières premières à l'état brut, tout en dépendant des importations pour satisfaire leurs besoins en produits transformés.
Pour le président burundais, l'enjeu consiste à dépasser cette dépendance en développant des capacités industrielles locales, en favorisant les investissements productifs et en renforçant les compétences techniques africaines. Une telle orientation permettra notamment de créer des emplois, d'augmenter les revenus des États et de générer davantage de valeur ajoutée au sein des économies nationales.
Cette ambition suppose également des partenariats économiques capables de soutenir la transformation locale, le transfert de technologies et le développement d'infrastructures industrielles adaptées aux besoins du continent.
Le message porté par Évariste Ndayishimiye rejoint ainsi les appels récurrents à une coopération économique plus équilibrée entre l'Afrique et ses partenaires internationaux. Au-delà de l'exportation des ressources naturelles, les pays africains cherchent à renforcer leur place dans les différentes étapes de production, de transformation et de commercialisation.
La déclaration du président burundais remet ainsi au centre des discussions la nécessité pour l'Afrique de faire de ses richesses naturelles un véritable levier d'industrialisation, de création d'emplois et de souveraineté économique.
Elvis Mbala
