Climat de terreur, fautes de gestion et dérive financière : L’ARSP au bord du gouffre sous l’ère Miguel Kashal Katemb

21 Mai 2026 - 19:30
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Climat de terreur, fautes de gestion et dérive financière : L’ARSP au bord du gouffre sous l’ère Miguel Kashal Katemb

Un cri de détresse retentit dans les couloirs de l'Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Dans une plainte accablante adressée au Chef de l’État, à la Première ministre, aux autorités judiciaires et aux instances de contrôle financier (IGF, Cour des Comptes, CENAREF), le personnel de cette institution stratégique dresse un réquisitoire sans concession contre son Directeur Général, Miguel Kashal Katemb. L'homme, présenté par les agents comme un « empereur » sourd aux textes légaux, est accusé d'avoir transformé l’ARSP en une régie financière privée au service d'intérêts personnels et politiques, asphyxiant l'outil de travail et clochardisant les travailleurs.

Le document syndical, qui circule désormais dans les hautes sphères de l'État, détaille un calvaire de 24 griefs majeurs articulés autour de trois axes principaux à savoir : le détournement des fonds publics, la liquidation des droits des agents et une gestion autocratique marquée par des violences inacceptables.

  1. Asphyxie financière et opacité : un système de comptes fictifs pour esquiver le contrôle

Sur le plan financier, les accusations portées contre Miguel Kashal Katemb relèvent du détournement systémique et de l’ingénierie financière frauduleuse. Le personnel dénonce la mise en place d'un réseau de perception de paiements anticipés de redevances auprès des grandes sociétés minières, officiellement pour « appuyer les actions du Chef de l'État » (notamment la campagne pour le changement de la Constitution). Pour contourner le mécanisme des comptes séquestres instauré par la tutelle, le DG aurait créé des comptes bancaires fictifs à la Sofibank, où transitent des millions de dollars échappant à toute traçabilité.

Cette dérive a plongé l'ARSP dans une crise de trésorerie artificielle mais dramatique. Pour combler les trous de mémoire budgétaire, la direction recourt de manière récurrente à des découverts bancaires saignants à la Rawbank, grevant le budget de l'institution d'intérêts astronomiques. Pendant ce temps, les dettes souveraines s'accumulent : la DGI réclame plus de 7 millions de dollars d’impôts sur les salaires retenus mais jamais reversés, tandis que les cotisations sociales des travailleurs subissent le même sort auprès de la CNSS. Pire encore, les fonds de l'ARSP serviraient au train de vie princier du DG, incluant la location de jets privés pour ses déplacements familiaux et des campagnes publicitaires abusives dans les médias.

2. Clochardisation du personnel et paralysie opérationnelle des provinces*

Le contraste est saisissant entre le faste du cabinet et la misère des agents. Depuis août 2025 (soit 10 mois), les directions provinciales n'ont reçu aucun frais de fonctionnement, et leurs loyers demeurent impayés. Au niveau du personnel, les droits statutaires les plus élémentaires sont piétinés : six mois d'arriérés pour les indemnités kilométriques (carburant) et les crédits de communication.

Les primes de contrôle de 2023 pour les Officiers de Police Judiciaire (OPJ) restent en grande partie impayées, et les frais de mission sont octroyés au bon gré du DG, souvent réduits de moitié en violation des barèmes légaux. 

Sur le plan de la carrière, la règle d'avancement en grade est totalement ignorée : des agents totalisent 6 ans au même poste sans promotion, pendant que de nouvelles recrues sont propulsées au sommet de la hiérarchie par simple népotisme.

3. Privatisation des marchés publics et caporalisation de la sous-traitance

L'ARSP, censée promouvoir la classe moyenne congolaise, est aujourd'hui accusée d'être le principal prédateur des entrepreneurs locaux. Selon la plainte, le Secrétariat permanent de la cellule de passation des marchés est délibérément paralysé pour éviter les procédures légales. La Direction de suivi des marchés a été substituée par deux agents dévoués au DG, dont le rôle consiste à imposer aux entreprises principales des sociétés de sous-traitance créées en sous-main par Miguel Kashal lui-même. Une cannibalisation pure et simple du secteur au détriment des vrais entrepreneurs congolais. De plus, par pur règlement de comptes internes, le DG refuse d’octroyer les outils de travail de base aux cadres de l'institution, à l'instar du véhicule de fonction de la Directrice Générale Adjointe (DGA).

4. *Violence physique et gouvernance impériale : Le point de non-retour*

Le point de rupture a été atteint récemment lors d'une réunion de service. Le DG aurait ordonné à sa garde rapprochée d'agresser physiquement un agent (OPJ) sur la base de simples soupçons, bafouant publiquement le principe constitutionnel de la présomption d'innocence. Cette scène de violence inouïe a instauré un climat de terreur au sein de l’institution. Pour s’assurer qu’aucune voix ne s'élève, Miguel Kashal bloque systématiquement l'installation d'un syndicat de travailleurs, préférant régner en monarque absolu.

« Le mal est très profond. Nous demandons une action urgente et rapide de la justice, de l'IGF et du Chef de l'État avant que le pire ne détruise définitivement cette structure pourtant essentielle à la vision économique de la République. », le cri d’alarme d’un personnel contacté par la Rédaction. 

Face à ces révélations étayées par 24 faits précis et infractionnels, la balle est désormais dans le camp des instances de contrôle et de la justice (les procureurs Mvonde et consorts). L’IGF et la Cour des Comptes se doivent de fouiller urgemment les comptes d’une ARSP qui se consume de l’intérieur, sous peine de voir s'effondrer l’un des piliers majeurs du programme d'entrepreneuriat national du Président de la République.


Guyvenant Misenge

newnarratifrdc Créé en 2023, New Narratif RDC est un média en ligne de l'Ets. Groupe New NARRATIF RDC. Dans son traitement d’informations, New NARRATIF RDC accorde l’importance à l’image positive de la République démocratique du Congo et de ses institutions en vue de pérenniser le «CHANGEMENT DE NARRATIF »