Fact-checking en RDC : « La désinformation relève de logiques de déstabilisation », prévient Patrick Muyaya
À l'occasion de la Journée internationale de vérification des faits ce 2 avril 2026, la plateforme Balobaki Check, dirigée par Ange Kasongo, a lancé officiellement à Kinshasa le « Prix congolais de vérification des faits ». Soutenue par l’Union européenne, cette initiative vise à structurer et à valoriser la pratique du fact-checking en République démocratique du Congo.
La cérémonie, qui s'est tenue à Silikin Village, a réuni des figures clés du secteur médiatique, dont le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ainsi que des représentants du CSAC et de l'organisation Journaliste en danger (JED), tous unis contre la fragilisation de l'espace public par les fausses informations.
Prenant la parole au nom de l’Union européenne, le chargé de missions a.i, Fabrice Basile, a souligné l'urgence de défendre la vérité face à une information devenue « fragile » et malmenée par les algorithmes.
Selon lui, la vérification des faits n'est plus une simple méthode technique, mais un véritable rempart pour la stabilité des sociétés et la cohésion des démocraties. Ce prix s'assigne ainsi un triple objectif : récompenser l’excellence journalistique, encourager l’innovation éditoriale et, surtout, restaurer la confiance souvent érodée du public envers les médias traditionnels et numériques.
Pour le ministre Patrick Muyaya, ce combat pour les faits dépasse le cadre corporatiste pour devenir une priorité d'intérêt public.
Dans un contexte de guerre hybride, le porte-parole du gouvernement a averti que la désinformation ne relève plus seulement de la rumeur, mais de logiques de déstabilisation visant à fragmenter l'opinion et à affaiblir la défense nationale. Il a réaffirmé que le fact-checking s'inscrit au cœur des réformes gouvernementales pour assainir le secteur des médias, prônant le passage d'une réaction ponctuelle à une véritable « culture de la vérification » ancrée dans la pratique quotidienne.
L’initiatrice du projet, Ange Kasongo, voit dans ce prix une étape décisive pour la professionnalisation du journalisme congolais, érigeant la rigueur et l'éthique en outils de responsabilité citoyenne.
Le concours est ouvert aux professionnels ainsi qu'aux étudiants, avec trois catégories : le Prix du journaliste professionnel, le Prix de l’étudiant et le Prix du jury pour les formats innovants.
Les travaux, portant sur des thématiques cruciales comme la sécurité, les élections ou le climat, devront avoir été publiés durant les six derniers mois, marquant ainsi une volonté d'institutionnaliser la fiabilité de l'information en RDC.
Misenge
