Grands Lacs : En Dix ans, près de 500 journalistes arrêtés
Le rapport annuel de l’UNPC et de Reporters sans frontières (RSF), présenté ce 26 mars 2026, révèle une situation de crise humanitaire pour les médias dans la région des Grands Lacs. En l'espace de dix ans, près de 500 arrestations de professionnels des médias ont été recensées, la République démocratique du Congo concentrant à elle seule la moitié de ces détentions.
Cette hostilité chronique, marquée par l'usage systématique de la détention arbitraire comme outil de censure, transforme désormais l’exercice du journalisme en un véritable acte d’héroïsme au quotidien.
Dans l’est de la RDC, la violence contre les médias a franchi un palier critique, les radios communautaires étant désormais directement ciblées par les groupes armés et les forces militaires.
Depuis le début de l’année 2024, au moins 33 stations ont été attaquées, pillées ou contraintes de cesser leurs émissions au Nord-Kivu. Face aux menaces de mort persistantes et aux disparitions inquiétantes, de nombreux journalistes de proximité se retrouvent acculés à un choix impossible : se murer dans le silence ou s'exiler pour survivre.
Outre les agressions physiques, le rapport souligne la montée en puissance d'une menace technologique dévastatrice : la manipulation de l'information. Dans les zones de conflit, l'usage massif de deepfakes et de contenus audiovisuels truqués brouille la frontière entre le vrai et le faux, compliquant la tâche des rédactions déjà fragilisées par une précarité économique extrême. Cette pollution numérique, orchestrée pour influencer l'opinion, empêche les citoyens d'accéder à une information fiable, essentielle à la stabilité de la région.
L’UNPC et RSF alertent sur un risque d’effondrement total du droit à l’information dans la sous-région si aucune mesure de protection concrète n'est prise. L'impunité dont jouissent les agresseurs de journalistes encourage la répétition des abus et étouffe les voix indépendantes.
Sans une mobilisation internationale et des réformes locales garantissant la sécurité des professionnels, le journalisme dans les Grands Lacs risque de s'éteindre définitivement sous le poids de cette décennie de répression.
Misenge
