Ituri face à Ebola : sensibilisation renforcée pour briser la désinformation
La province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, est confrontée à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 16 mai 2026, plus de 200 décès ont été enregistrés. Si la riposte s’organise, elle se heurte à un obstacle majeur : la désinformation et les croyances persistantes qui alimentent la méfiance des communautés.
« Certains pensent encore qu’Ebola est une invention ou une maladie mystique », témoigne un habitant de Bunia, traduisant le climat de défiance qui fragilise les efforts de prévention.
Comme lors de la pandémie de Covid-19, une partie de la population nie l’existence de la maladie, compromettant les mesures de contrôle. Les autorités sanitaires et leurs partenaires doivent donc conjuguer action médicale et communication adaptée.
La MONUSCO en première ligne
Le 23 mai, des Casques bleus bangladais, appuyés par la Section des Affaires civiles de la MONUSCO, ont mené une campagne de sensibilisation dans la localité de Rhoo, territoire de Djugu. Munis de mégaphones, ils ont rappelé qu’Ebola « n’est ni une invention ni une croyance mystique, mais une maladie grave pouvant entraîner la mort ».
Ces actions ciblent particulièrement les populations déplacées, vulnérables et souvent mal informées.
Les gestes barrières essentiels
Lors des campagnes mobiles, les messages ont insisté sur :
- le lavage régulier des mains,
- l’évitement des contacts physiques,
- le port correct du masque,
- le signalement rapide des cas suspects.
Zones à forte mobilité sous surveillance
La sensibilisation s’est étendue au village de Seseti, à Blukwa-État, ainsi qu’à la base FARDC de Ruu. Ces zones connaissent une forte mobilité entre Bunia, Bule, Fataki et Rhoo, ce qui accroît le risque de propagation.
Communication, un enjeu vital
Selon l’ONG AIDES, la population du site de déplacés de Rhoo est passée de 54 871 en avril à 61 222 en mai 2026. Beaucoup ignorent encore l’existence de l’épidémie ou disposent d’informations incomplètes. Informer, rassurer et déconstruire les fausses croyances apparaît donc comme une condition indispensable pour contenir la maladie.
Juvenal Bulemo
