RDC : La Coalition 64 maintient la pression sur Kinshasa
Malgré les consultations de haut niveau menées à Bujumbura par le président en exercice de l’Union africaine, la Coalition 64 ne dévie pas de sa ligne. Au sortir d’un point de presse ce mercredi à Kinshasa, l’opposition a réaffirmé sa volonté d’obtenir le départ du pouvoir en place et confirme sa mobilisation nationale du 22 juillet.
Au lendemain de l’audience accordée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, aux membres du présidium de la Coalition 64 (C64), ces derniers ont tenu à clarifier leur position. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 9 juillet au Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS), la plateforme a décliné les conclusions de ses échanges diplomatiques tout en affichant une détermination intacte.
Au cœur des débats, la question de la légitimité. Jean-Marc Kabund, au nom de la coalition, a rappelé la teneur des discussions avec le médiateur burundais : « Après ce tête-à-tête sollicité par le président Ndayishimiye, la Coalition 64 réitère son engagement indéfectible à défendre l’ordre constitutionnel. » Selon les cadres de la C64, le président de l’UA a insisté sur l’impérieuse nécessité d’un dialogue inclusif pour stabiliser la nation congolaise, une approche que l’opposition semble accepter tout en posant ses propres conditions.
Pour la C64, l’approche diplomatique actuelle — focalisée presque exclusivement sur l’Est du pays — est frappée d’obsolescence. « Réduire la situation actuelle au seul conflit armé revient à répéter les erreurs des processus de Nairobi, Luanda, Doha ou Washington », martèle la plateforme.
Pour les opposants, le conflit dans l’Est n'est que l'épiphénomène d'une crise bien plus profonde. « La RDC traverse une crise systémique qui touche au cœur même de la gouvernance, à la légitimité des institutions et à leur fonctionnement », a souligné Jean-Marc Kabund, appelant les partenaires internationaux à traiter les causes politiques plutôt que d'en rester aux symptômes sécuritaires.
Si le dialogue est évoqué, il n'est pas question pour autant de baisser la garde sur le terrain. La plateforme a profité de ce point de presse pour confirmer le maintien de la marche prévue pour le 22 juillet prochain.
Ce rendez-vous dans la rue servira de baromètre à la mobilisation populaire. À travers cette manifestation, la Coalition 64 compte réitérer son exigence principale : la démission du chef de l’État. À quelques jours de cette échéance, la tension politique à Kinshasa reste palpable, marquant une rupture nette entre les appels à l'apaisement diplomatique et la radicalisation des positions de l'opposition.
Guyvenant Misenge
