MIBA : Le « saupoudrage » financier de Doudou Fwamba face à une détresse sociale chronique
Le soulagement des agents de la Minière de Bakwanga (MIBA) aura un goût amer. Si le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likundé Li-Botayi, a fini par libérer ce jeudi 26 mars 2026 une enveloppe de 3 millions de dollars américains pour les salaires, ce geste, présenté comme un acte de rescousse, ressemble davantage à une manœuvre de colmatage qu'à une gestion rigoureuse des engagements de l’État. Logés à la FBNBank, ces fonds ne couvrent qu'une infime partie d'une dette sociale qui ne cesse de s'alourdir.
Le contraste est frappant entre l'agitation médiatique autour de ce décaissement et la réalité des chiffres. Alors que les travailleurs accumulent huit mois d’arriérés de salaires, ces 3 millions USD apparaissent comme une goutte d'eau dans un océan de précarité.
Pour une entreprise dont le caractère alimentaire du salaire est la seule garantie de survie pour des milliers de familles à Mbuji-Mayi, ce paiement sélectif interroge sur la réelle volonté du « Grand Argentier » de stabiliser durablement le fleuron du Kasai.
Plus grave encore, ce décaissement semble faire fi des instructions claires du Chef de l'État. Félix-Antoine Tshisekedi avait en effet ordonné un versement mensuel et régulier de 2 millions USD pour éponger les créances que l’État doit à la MIBA. En libérant seulement 3 millions après des mois de silence, Doudou Fwamba s'écarte du rythme imposé par la Présidence. Cette gestion par intermittence, loin de l'orthodoxie financière prônée, maintient l'entreprise dans une incertitude permanente et fragilise l'autorité des promesses présidentielles.
Cette politique du « compte-gouttes » soulève une question de fond : pourquoi le ministère des Finances peine-t-il à instaurer une régularité dans le paiement d'une dette intérieure pourtant certifiée ? En laissant les arriérés grimper jusqu'à huit mois avant de réagir dans l'urgence, la hiérarchie des Finances semble pratiquer une gestion de crise plutôt qu'une planification stratégique.
Ce mode opératoire condamne les agents de la MIBA à demeurer des éternels demandeurs de fonds, suspendus au bon vouloir d'un cabinet ministériel.
Au-delà de l'effet d'annonce, l'opinion attend du ministre Doudou Fwamba une rupture avec ces pratiques de sauvetage spectaculaire. La MIBA ne demande pas l'aumône, mais le remboursement structuré de ce que l'État lui doit.
Tant que le flux des 2 millions mensuels ne sera pas automatisé et respecté, ces interventions ponctuelles ne seront perçues que comme des mesures palliatives destinées à étouffer temporairement une colère sociale légitime.
Misenge
