RDC : Le ministre Kalumba promeut un modèle d’apprentissage inspiré de l’artisanat pour rehausser l’employabilité
Le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a dévoilé ce mercredi 26 novembre, lors du Briefing presse à la RTNC, les vecteurs fondamentaux d’une réforme nationale qui ambitionne de faire de l'entrepreneuriat une véritable culture endogène au sein de la société congolaise. Au centre de cette démarche novatrice trône le concept des « 3 C » (Capacitation, Crédit et Contrats), réunis sous un « grand V » symbolisant la Valorisation du potentiel national. Le ministre a emphatiquement souligné la nécessité d’inculquer l’esprit d’entreprise dès l'instruction de base, en initiant les élèves à l'analyse des besoins, à la créativité et à la culture de l’initiative. Cette approche, qui rappelle l'apprentissage par l'observation et la pratique caractéristique de l'artisanat, est stratégique pour préparer les futures cohortes à être des créateurs d'opportunités, plutôt que de simples demandeurs d'emploi.
Pour autant, la pleine réussite de cette mue stratégique est conditionnée par un raffermissement de la formation professionnelle, dont le niveau actuel est jugé manifestement lacunaire face aux impératifs socio-économiques du pays. À cet effet, M. Kalumba prône l’implantation d’au moins une grande école professionnelle dans chaque province, idéalement orientée vers les filières économiquement porteuses à l'échelle locale, et intégrant des stages précoces pour développer les vocations métier. D'un point de vue sectoriel, cette vision est cruciale, car elle attaque le problème structurel du décalage de compétences : former in situ dans des domaines comme l'agrobusiness, la transformation minière ou le numérique, pourrait significativement réduire l'importation de main-d'œuvre qualifiée et valoriser les ressources internes.
Parallèlement à cela, le ministre a annoncé la refonte statutaire de l’Office national de l’emploi (ONEM), désormais rebaptisé Office national de l’emploi et de l’égalité des chances. Sa mission sera de garantir un accès équitable au marché du travail, notamment via le recours à des CV anonymisés et le renforcement de l'Inspection générale du Travail. Un pilier essentiel de cet accompagnement des jeunes demeure le lancement d'un dispositif national inédit : le Concours des plans d’affaires simplifiés, organisé par circonscription électorale. En l'occurrence, cette décentralisation du processus est judicieuse, car elle assure une inclusion géographique et offre les mêmes chances de réussite économique que celles offertes sur l'échiquier politique, en sanctionnant positivement les plans économiques les plus pertinents.
Il sied de noter que, l'ambition de ce ministère est de taille. L'octroi d'un appui technique direct, d'équipements subventionnés par l’État et d'un encadrement rigoureux pour la mise en œuvre des projets — sans manipulation financière directe — témoigne d'une volonté d'éviter les dérives passées de subventions mal gérées. À l'évidence, le succès de cette stratégie repose non seulement sur l'efficacité des structures publiques (ANADEC, FOGEC, ANAPEX), mais surtout sur la qualité de l'exécution et la transparence du Concours. M. Kalumba confirme ainsi que cette tactique vise à forger une génération de « champions économiques » capables d'insuffler un dynamisme accru aux circuits de production locaux, de résorber le chômage et de contribuer pérennement au progrès national.
Christian Mutombo
